Un bilan confirmé de six morts dans l'accident de Brétigny

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UN BILAN CONFIRMÉ DE SIX MORTS DANS L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE
UN BILAN CONFIRMÉ DE SIX MORTS DANS L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE

BRETIGNY-SUR-ORGE, Essonne (Reuters) - Le bilan de l'accident de train vendredi en gare de Brétigny-sur-Orge, au sud de Paris, reste de six morts et plusieurs dizaines de blessés, ont annoncé samedi soir les autorités après le levage des wagons couchés sur la voie qui faisait craindre la découverte de nouvelles victimes.

Trois enquêtes ont été lancées pour faire la lumière sur les raisons du déraillement du train Intercités Paris-Limoges.

La SNCF a indiqué que la défaillance d'une pièce d'un aiguillage situé en amont de la gare pourrait en être à l'origine.

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a exclu une erreur humaine mais des voix se sont élevées pour critiquer une nouvelle fois la vétusté du matériel sur un réseau ferroviaire français où les liaisons TGV ont la priorité.

Une minute de silence a été observée à 12h00 dans toutes les gares de France en mémoire des victimes.

Aucun train ne circulait samedi -une journée de grands départs- entre Paris-Austerlitz et Orléans, Limoges et Toulouse, la SNCF invitant les usagers à reporter leur voyage, ainsi que sur une partie du RER C.

Une grue spéciale a dégagé les wagons accidentés et le préfet de l'Essonne, Michel Fuzeau, a déclaré que le bilan des six morts donné au cours de la nuit était "définitif".

Quatre des victimes, un couple d'octogénaires et deux jeunes hommes, étaient originaires de Brétigny et d'Etampes, dans l'Essonne, ce qui laisse penser qu'ils attendaient le REC C sur les quais de la gare au moment de l'accident, a précisé Michel Fuzeau. Les deux autres victimes sont une jeune femme et un sexagénaire originaires de Limoges.

Michel Fuzeau avait indiqué dans l'après-midi que 22 blessés étaient encore hospitalisés et que le pronostic vital de deux d'entre eux était engagé.

AIGUILLAGE DÉFECTUEUX ?

Selon Pierre Izard, responsable du service infrastructures du groupe, une éclisse, pièce qui assure la liaison avec la voie, s'est détachée et "est venue se loger au centre de l'aiguillage" situé à quelque 200 mètres en amont de la gare. "A cet endroit, elle a empêché le passage des roues du train et elle aurait provoqué le déraillement", a-t-il dit.

Le président de Réseau ferré de France, Jean-Claude Rapoport, a pour sa part souligné que l'aiguillage en question avait été vérifié lors d'une inspection régulière le 4 juillet dernier.

Le ministre des Transports a rendu hommage au conducteur du train, sorti indemne de l'accident et qui a rapidement donné l'alerte, alors qu'un autre convoi était annoncé peu après en sens inverse. "Il a évité que ce drame déjà très lourd ne le soit davantage encore", a déclaré Frédéric Cuvillier.

"Ce que nous savons, c'est que tout a été normal dans l'attitude du train, la vitesse notamment", a-t-il ajouté, "il y a plusieurs hypothèses, elles sont toutes expertisées." En attendant rien ne permet d'affirmer, selon lui, que la vétusté du réseau serait en cause.

Les enquêtes sont menées par la justice, la SNCF et le bureau accident du ministère des Transports.

"UNE LIAISON PLUS OU MOINS ABANDONNÉE"

Interrogé sur France Info, l'ancien député du Cher Jean-Claude Sandrier, qui préside l'association Urgence ligne Paris Orléans Limoges Toulouse, a évoqué une liaison "qui a été pendant au moins dix ans plus ou moins abandonnée".

"Une fois que l'enquête aura livré son verdict il faut vraiment prendre des mesures pour moderniser cette ligne", a-t-il indiqué sur France info.

Toujours sur France Info, un passager du train a déclaré que "depuis des mois, voire des années, nous avons des gros problèmes sur cette ligne parce que le matériel roulant est de plus en plus vétuste".

"On a sans arrêt des retards et des départs différés parce que les rames ne sont pas à quai", a-t-il ajouté en expliquant que le train de vendredi n'était pas la rame habituelle et qu'on y avait ajouté des wagons Corail "à divers endroits".

Le préfet Michel Fuzeau a par ailleurs démenti des informations faisant état de vols sur des victimes dans les minutes qui ont suivi l'accident et de caillassages à l'arrivée des secours et des forces de l'ordre, même s'il y a eu une interpellation pour vol, mais sur un employé du Samu.

"Au début des événements, un groupe de personnes étaient là et souhaitaient faire des photographies de la catastrophe. Ils n'ont pas apprécié d'être dérangés par les services de sécurité de la SNCF, par les sapeurs-pompiers et l'arrivée des policiers a mis fin à leur opposition", a-t-il expliqué.

Yann Le Guernigou et Jean-Stéphane Brosse

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  • M7582248 le samedi 13 juil 2013 à 21:28

    Pour les "spécialistes" qui s'expriment ci dessous " Guillaume Pépy lors de son arrivée sur place : «Il y a deux voitures, les voitures 3 et 4 du train (...) qui ont déraillé et le train ensuite a connu, pour ce qui concerne les quatre autres voitures, un déraillement également» Je passe sur 20 mns avant un train..sans problème, qui est du niveau de: 1h avant sa mort il était vivant. Par contre comment expliquer que ce ne sont à priori, ni la locomotive, ni les premiers wagons qui ont déraillé??

  • bilit13 le samedi 13 juil 2013 à 20:43

    michel chevallet l'a dit: une eclisse pèse 10kg....elle est maintenue par 4 vis d'un diamètre de 2 cm....ce serait la première fois dans l'univers qu'une pièce de 10kg se deplace toute seule...pile poil dans un endroit qui fait derailler un train...Et faut que ça arrive en France...quesqu'on est fort...Va falloir sérieusement faire qq chose .... cette desinformation permanente....

  • bilit13 le samedi 13 juil 2013 à 20:33

    @knbskin: félicitation pour ta culture du coupe-choux.De plus en plus rare.

  • knbskin le samedi 13 juil 2013 à 19:32

    Il est clair que la piste de l'attentat pour détrousser les voyageurs est à la fois beaucoup plus simple et plus crédible que l'hypothèse de l'éclisse qui dévisse ses boulons avec ses petits bras musclés et va se loger au bon en droit pour dézinguer l'aiguillage sur ses petites jambes vaillantes ... C'est le bon vieux rasoir d'Ockham. Mon, l'enquête le dira ... peut-être ! :)

  • mlaure13 le samedi 13 juil 2013 à 19:27

    C quand même bizarre...une éclisse qui s'échappe d'un endroit, soit...mais qui vient se loger juste ou il faut pour faire dérailler ce train ?...Coïncidence ?...Moi, j'ai dit coïncidence? comme c'est bizarre !...

  • frk987 le samedi 13 juil 2013 à 19:12

    L'affaire est déjà classée au motif d'aiguillage défectueux, point final à cette affaire. Qui oserait mettre en cause un sabotage pour voler les passagers, sûrement pas les socialos. Donc le chapitre est clos....jusqu'au prochain accident, là ça ferait trop désordre....

  • knbskin le samedi 13 juil 2013 à 15:57

    Exact, bilit13 ... Et c'est ce que l'enquête dira ... en principe.

  • bilit13 le samedi 13 juil 2013 à 15:52

    Sujet facile pour les franchouillard en slip et baguette sous le bras.Si c'est un pb de "maintenance", il faut laisser la SNCF traiter la "non-conformité" comme toute entreprise normale. Il me semble qu'à "non-conformité" exceptionnelle, il faut mettre en place des mesures exceptionnelles.Maitenant si c'est un pb de vandalisme, il ne faut pas copter sur ce gouvernement de branque pour prendre de quelconques mesures contre leur electorat

  • knbskin le samedi 13 juil 2013 à 15:47

    A-t-on déjà vu la culasse d'un moteur de voiture "décider" de sortir du capot ? Non ? Eh bien, c'est à peu près ce qu'on essaie de nous faire avaler ...

  • M9700920 le samedi 13 juil 2013 à 15:35

    Si ce n'est pas un acte de malveillance lorsqu'une éclisse est mal fixée ou détériorée c'est un problème de maintenance dans ce cas il faut virer immédiatement les personnes de ce service qui pensent plutôt faire grève ( comme la plupart des cheminots) pour des augmentations de salaire que de s'occuper de la sécurité et de LEUR BOULOT!!!