Un banquier allemand fustige des stress tests "arbitraires"

le
0

FRANCFORT, 3 septembre (Reuters) - Un des banquiers allemands les plus en vue a accusé la Banque centrale européenne (BCE) d'agir de manière arbitraire et incohérente dans la conduite des tests de résistance destinés à apprécier la solidité des plus grandes banques de la zone euro, au risque, selon lui, de désavantager les plus robustes d'entre elles. Georg Fahrenschon, qui dirige la puissante Fédération allemande des caisses d'épargne, estime que les scénarios économiques retenus pour les tests de résistance divergent fortement selon les pays considérés et que cela risque de se traduire par des résultats erronés. Les scénarios retenus "ne sont pas transparents et semblent quelque peu arbitraires", a déclaré Georg Fahrenschon. "Les tests semblent se préoccuper principalement des banques saines, partant du principe que celle qui est la plus saine peut devenir la plus gangrenée." La banque centrale examine la solidité des bilans des 131 premières banques de la zone euro afin d'évaluer leur capacité à résister à de futurs chocs financiers. Les résultats de cet examen de passage seront publiés durant la seconde quinzaine d'octobre, soit peu de temps avant que la BCE n'assume la supervision directe des principales banques de la zone euro, le 4 novembre. Si les banques françaises et espagnoles doivent tester la résistance de leurs bilans sur l'hypothèse d'un effondrement de 5% des prix de l'immobilier, leurs homologues allemandes doivent retenir un scénario dans lequel ces prix pourraient chuter de 15%, a dit Georg Fahrenschon lors d'une conférence sur le secteur bancaire. Certaines banques ont dû infliger une décote de 10% à 20% sur certains actifs, comme le financement de navires ou l'immobilier, a-t-il ajouté. Pour lui, ces disparités laissent la BCE à la merci d'accusations selon lesquelles elle poursuivrait des objectifs politiques. Sabine Lautenschläger, membre du directoire de la BCE, a répliqué à ces propos en déclarant que les régulateurs européens utilisaient un modèle homogène dans l'ensemble de la zone euro. "Il n'y a pas d'inégalité de traitement", a-t-elle assuré au cours de la même conférence. (Andreas Kröner, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant