Un ayatollah iranien critique l'accord sur le nucléaire

le
0

par Bozorgmehr Sharafedin Nouri et Babak Dehghanpisheh DUBAI/BEYROUTH, 17 juillet (Reuters) - Un haut dignitaire religieux iranien a fait part lors de son prêche du vendredi à Téhéran de sa grande méfiance à l'égard de l'accord conclu mardi avec les grandes puissances au sujet du programme nucléaire de la République islamique. Les commentaires de Mohammad Ali Movahedi Kermani font écho aux déclarations du guide suprême du régime, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a salué la conclusion de l'accord, tout en se montrant très prudent. (voir ID:nL5N0ZV4HK ) Mohammad Ali Movahedi Kermani n'a pas formellement rejeté l'arrangement trouvé avec les puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) mais il a employé des mots particulièrement durs qui traduisent une forme de malaise à ce sujet au sein du clergé chiite iranien. "Ils ont des demandes excessives", a-t-il notamment estimé, en référence aux négociateurs occidentaux. L'ayatollah a ajouté que son pays accepterait un accord uniquement si les sanctions internationales imposées à Téhéran était levées immédiatement, si les avoir gelés étaient restitués et si les idéaux de la révolution islamique, y compris son combat contre l' "arrogance" occidentale, étaient préservés. Le texte sur lequel négociateurs iraniens et étrangers se sont mis d'accord à Vienne prévoit un encadrement du programme nucléaire de Téhéran pendant au moins dix ans, en échange de la suspension progressive des sanctions économiques. Les remarques circonspectes d'Ali Khamenei, voire plutôt hostiles de Mohammad Ali Movahedi Kermani contrastent avec celles, bien plus enthousiastes, du président Hassan Rohani et de son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Selon des connaisseurs du régime iranien, les prises de position des deux ayatollahs donnent à la frange la plus conservatrice du clergé le feu vert pour formuler davantage de critiques et permettent d'absoudre par avance Ali Khamenei en cas de futur échec du processus engagé mardi à Vienne. (Simon Carraud pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant