Un avocat nationaliste emblématique abattu en Corse

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UN ANCIEN AVOCAT D'YVAN COLONNA ABATTU EN CORSE
UN ANCIEN AVOCAT D'YVAN COLONNA ABATTU EN CORSE

AJACCIO (Reuters) - Deux militants nationalistes, dont un ancien avocat d'Yvan Colonna, ont été abattus mardi en Corse, ce qui porte à 15 le nombre d'homicides dans l'île depuis le début de l'année, a-t-on appris de source policière.

L'ex-bâtonnier du barreau d'Ajaccio Antoine Sollacaro a été tué mardi vers 09h00 au volant de sa voiture dans une station-service du centre d'Ajaccio où il avait l'habitude de s'arrêter pour acheter son journal.

Il avait été suivi par deux hommes à moto, un pilote et un tireur, qui a fait feu à plusieurs reprises sur l'avocat avec une arme semi-automatique de calibre 11.43 avant de l'achever d'une balle dans la tête à bout portant.

La scène a été filmée par la caméra de vidéo-surveillance de la station-service.

Figure du nationalisme corse, Antoine Sollacaro a été l'un des défenseurs d'Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Il s'était retiré de l'équipe des défenseurs lors du dernier procès devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Père de deux enfants, cet homme était considéré comme le plus brillant pénaliste de l'île après avoir obtenu quelque 70 acquittements et s'était rendu célèbre par ses envolées lyriques.

Il était proche d'Alain Orsoni, aux côtés duquel il avait milité dans les années 1990 au sein du Mouvement pour l'autodétermination (MPA).

VIVE ÉMOTION DANS L'ÎLE

Son assassinat a provoqué une vive émotion dans l'île.

"L'infranchissable a été franchi", a déclaré le maire divers gauche d'Ajaccio, Simon Renucci, qui s'est rendu sur la scène du crime.

L'actuel bâtonnier d'Ajaccio, Marc Maroselli, s'est déclaré abasourdi. "C'était l'avocat le plus emblématique d'Ajaccio", a-t-il dit.

Le corps d'un autre militant nationaliste, Jean-Dominique Allegrini-Simonetti, avait été retrouvé un peu plus d'une heure plus tôt, criblé de balles dans sa voiture à Aregno, un village de Haute-Corse situé à 60 km de Bastia. Cet homme de 51 ans, proche de l'ancien mouvement clandestin Armata Corsa (armée corse), était connu de la justice.

Le double assassinat de mardi intervient dans un climat de tensions agitant tant les milieux nationalistes que le banditisme insulaire.

Les autorités ont dénombré 15 assassinats et neuf tentatives depuis le mois de janvier sur l'île.

Face à la montée des tensions, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Manuel Valls et Christiane Taubira, qui avaient prévu de se rendre sur l'île, pourraient se rendre en Corse plus vite que prévu.

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