Un avion marocain F-16 s'écrase lors d'une mission au Yémen

le , mis à jour à 23:45
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(Actualisé avec porte-parole saoudien, §§ 1-3) par Aziz El Yaakoubi et Mohammed Ghobari LE CAIRE, 11 mai (Reuters) - Un chasseur F-16 marocain participant aux frappes aériennes contre les Houthis s'est écrasé dimanche au cours d'une mission au Yémen, a annoncé un porte-parole militaire saoudien, et les miliciens chiites yéménites ont affirmé lundi l'avoir abattu. "Nous avons maintenant la confirmation que l'appareil est tombé et nous avons pu le localiser", a dit sur la chaîne Al Arabiya le général saoudien Ahmed Asseri, porte-parole de la coalition formée à l'initiative de Ryad. "Nous ignorons le sort du pilote mais nous tenons les miliciens houthis et leurs alliés responsables de sa sécurité", a-t-il ajouté. La perte de cet appareil marocain et l'intensification des duels à l'arme lourde par-dessus la frontière yéméno-saoudienne risquent de remettre en cause l'entrée en vigueur, prévue mardi soir, d'une trêve humanitaire d'une durée de cinq jours. Des frappes aériennes de la coalition arabe ont visé lundi soir des bases militaires et des dépôts d'armes et provoqué d'énormes explosions dans la capitale yéménite, Sanaa, contrôlée par les Houthis. "Les explosions violentes peuvent être entendues de partout dans la ville (...). Nous vivons en pleine terreur", a déclaré un habitant de Sanaa, Ahmed Faouaz. Appuyée par Washington, la coalition arabe bombarde depuis le 26 mars les miliciens houthis et les unités fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, dans le but de rétablir au pouvoir le président Abd-Rabbou Mansour Hadi, en exil à Ryad. Le Maroc est l'un des huit pays arabes qui ont rejoint l'Arabie saoudite dans son intervention militaire pour stopper la progression des Houthis, alliés à l'Iran et dans lesquels Ryad voit une grave menace à ses portes. "L'un des F-16 des forces armées royales mis à la disposition de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite pour rétablir la légitimité au Yémen a disparu dimanche à 18h00 locales", a déclaré lundi l'armée marocaine dans un communiqué. FRAPPES CONTRE TAËZ ET MARIB La chaîne de télévision Al Massirah, contrôlée par les Houthis, a affirmé lundi que des canons anti-aériens avaient abattu un F-16 dans le secteur de Wadi Nachour, dans la province de Saada (nord-ouest du Yémen), un bastion houthi près de la frontière saoudienne. La chaîne a montré des membres d'une tribu scandant "Mort à l'Amérique!" et brandissant les poings en l'air. L'un d'eux tient un morceau qui semble provenir de l'épave de l'appareil et dit: "Dieu a abattu cet avion. Même si nos armes sont rudimentaires, nous abattrons tous leurs avions si Dieu le veut!". Des photos ont été publiées sur un compte Twitter yéménite, censées montrer le corps du pilote marocain. A la frontière saoudienne, les Houthis ont dit avoir tiré des roquettes Katioucha et des obus de mortier lundi en direction des villes saoudiennes de Djizan et de Najrane, à la suite de tirs de roquettes saoudiennes contre les provinces yéménites de Saada et de Hadjjah. Ryad a décidé d'envoyer une "force de frappe" renforcer les troupes déployées à la frontière entre les deux pays, rapportent les médias officiels saoudiens. Al Arabiya a diffusé des images d'une colonne de chars embarquant à bord de camions militaires en vue de rejoindre, selon la chaîne, la zone frontalière. Des chasseurs de l'aviation saoudienne ont également frappé des positions tenues par les Houthis à Taëz (centre) et dans la province pétrolière de Marib, à l'est de Sanaa. Les miliciens chiites et leurs alliés de l'armée yéménite ont accepté dimanche le principe d'une trêve de cinq jours proposée par l'Arabie saoudite, tout en prévenant qu'ils répondraient à toute violation du cessez-le-feu. ID:nL5N0Y102N Plusieurs organisations humanitaires internationales estiment que cinq jours de trêve ne suffiraient pas à acheminer et distribuer l'aide nécessaire au Yémen. L'offensive aérienne déclenchée par l'Arabie saoudite et ses alliés sunnites n'a pas permis d'inverser le rapport de force sur le terrain mais a aggravé la situation humanitaire. (Henri-Pierre André, Tangi Salaün, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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