Un attentat meurtrier met fin à la trêve en Syrie

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ATTENTAT À DAMAS
ATTENTAT À DAMAS

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Un attentat à la voiture piégée a fait cinq morts vendredi dans un quartier sunnite de Damas, mettant de facto fin après seulement quelques heures à la trêve arrachée pour la fête musulmane de l'Aïd al Adha par le médiateur international.

Les rebelles font état de quelque 70 morts en Syrie vendredi dont 26 soldats selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une ONG basée à Londres proche de l'opposition. Un bilan qui reste inférieur aux 150 à 200 morts quotidiennes de ces derniers jours.

A l'issue d'une journée marquée par plusieurs violations du cessez-le-feu, le bilan s'est brutalement alourdi avec un attentat près d'une aire de jeux pour enfants à Daf al Chok, un quartier résidentiel sunnite du sud de la capitale syrienne.

L'attaque a fait cinq morts et 32 blessés selon un bilan provisoire, a indiqué la télévision nationale, en parlant d'un "attentat terroriste" et en précisant que des enfants figuraient parmi les victimes. Les civils étaient visés, dit de son côté le Bureau des médias de Damas, organisation proche des insurgés.

"PAS D'AÏD SUR LA LIGNE DE FRONT"

Proposé par le médiateur international Lakhdar Brahimi à l'occasion de l'Aïd, qui dure jusqu'à lundi, le cessez-le-feu n'avait été accepté que du bout des lèvres par les deux camps.

Avant l'attentat de Damas, il avait été violé à plusieurs reprises dans la capitale, à Alep et dans d'autres régions de Syrie. L'état-major de l'armée a dit avoir répliqué un peu partout dans le pays à des attaques de la part des insurgés contre des positions gouvernementales.

Des opposants ont annoncé dans la matinée la mort de quatre personnes sous des tirs de chars ou de snipers à Harasta, un faubourg de Damas.

Des rebelles dans une ville du nord du pays proche de la frontière turque où se trouve un correspondant de Reuters ont signalé qu'un des leurs avait été abattu par un tireur embusqué.

"Il n'y a pas d'Aïd pour nous rebelles sur la ligne de front", a déclaré Basel Eissa, un insurgé interrogé sur place. "Le seul Aïd que nous célébrerons sera la libération."

Des combats ont également repris entre forces gouvernementales et insurgés autour de la base de Wadi al Deïf, verrou sur l'axe Damas-Alep. Les rebelles tentent de prendre d'assaut la caserne et l'artillerie loyaliste a tiré sur un village voisin.

L'OSDH a précisé que neuf soldats loyalistes avaient été tués lors du bombardement de la base par les rebelles et que quatre insurgés avaient étaient mort dans des combats alentours.

L'APPEL DE LA MECQUE

À Homs (centre), l'armée gouvernementale a tiré six roquettes sur le quartier de Khalidiya, tuant une personne et en blessant deux autres.

Des rassemblements de protestation dans d'autres localités de la province, où le soulèvement contre Bachar al Assad a débuté en mars 2011, ont été dispersés par les forces de sécurité, a précisé Rami Abdoulrahman, président de l'OSDH.

L'imam de la Grande mosquée de La Mecque a exhorté Arabes et musulmans à prendre des mesures "pratiques et urgentes" pour mettre fin au bain de sang en Syrie.

"Le monde devrait prendre ses responsabilités dans la prolongation de cette douloureuse catastrophe. La responsabilité est encore plus grande pour les Arabes et les musulmans qui devraient s'inciter les uns les autres à soutenir l'opprimé contre l'oppresseur", a déclaré cheikh Saleh Mohammed al Taleb lors de la prière de l'Aïd.

Le conflit en Syrie a fait plus de 32.000 morts depuis mars 2011, selon l'OSDH.

Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse, Pascal Liétout et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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  • baljo le vendredi 26 oct 2012 à 22:22

    Que veut dire le mot « trêve » pour des hommes qui se croient investis d’une mission divine pour abattre un régime impie ? Le rationalisme et le « démocratisme » de l’ONU sont hors de saison et hors de propos en Syrie…