Un attentat fait 53 blessés dans le sud de Beyrouth

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UN ATTENTAT DANS LE SUD DE BEYROUTH
UN ATTENTAT DANS LE SUD DE BEYROUTH

par Laila Bassam

BEYROUTH (Reuters) - Un attentat à la voiture piégée a fait 53 blessés mardi dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite pro-syrien du Hezbollah, a annoncé le ministre libanais de la Santé.

Aucune victime n'est sérieusement touchée, a précisé à Reuters Hassan Khalil.

L'attentat s'est produit dans une zone commerçante du quartier de Bir al Abed, qui abrite de nombreux bureaux du Hezbollah.

La tension est vive au Liban depuis l'intervention de combattants du Hezbollah en Syrie voisine aux côtés de l'armée du président Bachar al Assad.

Des éléments du Hezbollah ont notamment pris part à la reconquête de Koussaïr, ville stratégique proche de la frontière libanaise repassée au début du mois de juin aux mains du régime.

"C'est l'oeuvre d'agents qui cherchent à créer des tensions au Liban", a déclaré un député du Hezbollah, Ali Mekdad, qui s'est rendu sur place.

Le ministre de l'Intérieur, Marouan Charbel, a estimé pour sa part que l'attentat était "un acte criminel visant à déstabiliser le pays et à provoquer un conflit intercommunautaire entre chiites et sunnites".

Des membres du Hezbollah ont bouclé les lieux, où ont afflué ambulances et véhicules de pompiers. Des images diffusées à la télévision publique montrent un grand nombre de voitures en flammes et un épais nuage de fumée.

NASRALLAH JURE DE SOUTENIR ASSAD

"Je n'avais pas entendu une explosion pareille depuis les années 1980 (lorsqu'une voiture piégée avait visé le chef spirituel du Hezbollah de l'époque, Sayyed Mohamed Hussein Fadlallah)", a déclaré une habitante des quartiers Sud.

Les zones commerçantes étaient censées être très fréquentées, mardi étant la veille du début du mois du ramadan.

Cette attaque est la deuxième à frapper la périphérie sud, chiite de Beyrouth depuis le début de l'année. Deux roquettes sont tombées dans cette zone au mois de mai.

On ignore qui est responsable de l'attentat de mardi, tout comme du tir de roquettes en mai. On ne sait pas non plus, pour l'instant, si des responsables du Hezbollah se trouvaient dans le secteur de l'attentat.

La dernière voiture piégée à avoir explosé à Beyrouth, en octobre, avait visé un haut responsable des services de renseignement. Wissam al Hassan, tué dans l'attentat, était membre du principal parti sunnite d'opposition, qui soutient le soulèvement en Syrie.

Le dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a juré que son organisation continuerait de soutenir le régime du président Assad. Soulignant que cet engagement militaire aurait un coût, il ajoutait qu'il ne se laisserait pas détourner de son objectif.

Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français, édité par Pascal Liétout

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