Un attentat fait 36 morts à Istanbul, les indices pointent vers l'EI

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 (Actualisé avec bilan, témoignages, réouverture de l'aéroport, 
comparaison avec Bruxelles) 
    par Humeyra Pamuk et Daren Butler 
    ISTANBUL, 29 juin (Reuters) - Trois kamikazes se sont fait 
exploser mardi soir à l'entrée de l'aéroport international 
d'Istanbul-Atatürk après avoir ouvert le feu dans le hall des 
départs, tuant au moins 36 personnes et en blessant près de 150 
autres, annoncent les autorités turques. 
    Les premiers indices impliquent l'organisation djihadiste 
Etat islamique (EI), a déclaré tard dans la nuit le Premier 
ministre turc, Binali Yildirim. 
    Parmi les blessés, qui seraient près de 150 selon un bilan 
obtenu par groupe de presse HaberTurk, un petit nombre est dans 
un état grave, a précisé le chef du gouvernement, ajoutant qu'il 
était probable que des ressortissants étrangers comptent parmi 
les tués.  
    L'attaque, qui n'a pas été revendiquée à ce stade, a débuté 
vers 21h50 (18h50 GMT). Les trois kamikazes sont arrivés en taxi 
à l'aéroport, et ont tous trois ouvert le feu dans l'aéroport 
avant de se faire exploser, a ajouté Yildirim.  
    Les policiers en faction à l'entrée de l'aéroport ont tiré 
sur les assaillants juste avant qu'ils atteignent les contrôles 
de sécurité du terminal des arrivées et ceux-ci ont riposté et 
actionné leurs charges explosives, a dit un des responsables.  
    L'attentat comporte des similarités avec les attaques du 22 
mars à Bruxelles, où 16 personnes ont été tuées à l'aéroport de 
Zaventem dans des explosions déclenchées par des kamikazes de 
l'EI. Seize autres personnes ont été tuées dans un 
attentat-suicide à la station de métro Maelbeek, dans le centre 
de Bruxelles. 
    A l'issue d'une réunion de crise, le président Recep Tayyip 
Erdogan a vivement condamné dans un communiqué cet attentat qui 
visait selon lui à "déstabiliser la Turquie en faisant couler le 
sang des innocents". 
    L'attaque est le signe que le terrorisme est une menace 
mondiale, a estimé son Premier ministre, ajoutant que ce n'était 
pas une coïncidence que la Turquie soit frappée alors qu'elle 
connaît des succès dans son combat contre le terrorisme.  
     
    TIRS DANS LA FOULE 
    "Il y a eu une énorme explosion, très forte. Le toit s'est 
effondré. A l'intérieur de l'aéroport, c'est terrible, c'est 
méconnaissable, les dégâts sont énormes", a raconté Ali Tekin, 
qui attendait un passager dans le hall quand l'explosion a eu 
lieu. 
    Duygu, une ressortissante allemande qui arrivait en Turquie, 
a dit que tout le monde s'était mis à courir. "Tout le monde 
était couvert de sang et de morceaux de corps. J'ai vu des 
impacts de balle sur les murs", a-t-elle ajouté. 
    Paul Roos, un Sud-Africain âgé de 77 ans, décrit l'un des 
kamikazes qui "tirait au hasard" dans le hall des départs du 
terminal international, d'où il devait rejoindre Le Cap avec sa 
femme après des vacances dans le sud du pays. "Il tirait sur 
n'importe quelle personne qui se trouvait sur son chemin. Il 
était entièrement habillé de noir. Son visage n'était pas 
masqué. J'étais à 50 mètres de lui", raconte-t-il. 
    "Nous nous sommes réfugiés derrière un comptoir mais j'étais 
debout et je l'ai regardé. Deux explosions ont retenti à peu 
d'intervalle. A ce moment-là, il avait arrêté de tirer", a dit 
Roos à Reuters.  
    "Il s'est retourné et a commencé à avancer vers nous. Il 
tenait son arme à l'intérieur de sa veste. Il a regardé 
nerveusement autour de lui pour voir si quelqu'un allait 
l'arrêter et puis il a descendu l'escalator (...) On a entendu 
de nouveaux coups de feu puis une autre explosion, et après 
c'était fini." 
    Un autre témoin de l'attaque a déclaré à la télévision NBC 
qu'il avait vu un policier ceinturer un des kamikazes et le 
plaquer au sol avant que celui-ci ne fasse exploser sa bombe. 
    D'après un témoin cité par CNN Türk, des blessés ont été 
transportés à bord de taxis vers les hôpitaux de la ville. 
    Le trafic aérien a repris à l'aéroport international. 
    La Turquie a été le théâtre de nombreuses attaques cette 
année, dont deux attentats suicides attribués à l'organisation 
Etat islamique (EI) dans les quartiers touristiques d'Istanbul 
et deux attentats à la voiture piégée dans la capitale Ankara, 
revendiqués par un groupe kurde.     
    L'attentat a été condamné "dans les termes les plus forts" 
par la Maison blanche tandis qu'en France Manuel Valls s'est dit 
"horrifié par l'attentat barbare à l'aéroport d'Istanbul" sur 
son compte Twitter. 
 
 (Tangi Salaün et Julie Carriat pour le service français) 
 
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