Un Arlequin bondissant à la Comédie Italienne, le "piccolo teatro" de Paris

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"Arlequin valet de deux maîtres" All Rights Reserved
"Arlequin valet de deux maîtres" All Rights Reserved

(AFP) - Paris a son "piccolo teatro": la Comédie Italienne, un délicieux théâtre de poche rue de la Gaîté, programme depuis 40 ans des pièces d'auteurs italiens telles "Arlequin valet de deux maîtres" de Goldoni, propre à enchanter un public familial pendant les fêtes.

Une troupe d'acteurs aux somptueux costumes, portant les masques de la Commedia dell'Arte, déploie une belle énergie dans cette pièce du fameux Goldoni (1707-1793).

Dans le rôle central d'Arlequin, un jeune homme de 19 ans, Emmanuel Besnault saute et virevolte avec bonheur pour servir avec moult gaffes et quiproquos ses deux maîtres sans qu'ils s'en aperçoivent.

Goldoni recommandait aux comédiens d'ajouter à sa pièce "tout ce que bon leur semble" hormis les grossièretés: "lazzis" (effets comiques sans rapport avec la pièce) et traits d'esprit.

Les acteurs ne s'en privent pas, s'adressant à maintes reprises au public, et ces apartés cocasses font toute la saveur de la pièce.

C'est aussi une véritable leçon de comédie italienne qui est donnée habilement, par le biais d'un "Capocomico", qui figure sur scène le metteur en scène, apostrophant les acteurs et introduisant les procédés typiques de la Commedia dell'Arte comme le "canevas" (feuillet sur lequel le comédien pouvait broder à loisir), ou le "calicot", un drap retraçant l'intrigue à la manière d'un roman photo.

Les costumes, tricornes et perruques transportent le public à Venise, au XVIIIe siècle. C'est un don fait au fondateur de la Comédie Italienne Attilio Maggiulli par le célèbre metteur en scène italien Giorgio Strehler. Strehler a présenté au moins six versions différentes de la pièce, réinventant le personnage populaire d'Arlequin en 1947.

Attilio Maggiulli, qui a été l'élève de Strehler au Piccolo Teatro de Milan, garde intacte la passion d'un théâtre populaire "et poétique", souligne-t-il.

"La Commedia dell'Arte, il y en a de toutes sortes, traditionnelle, animalière, végétale, fantastique, et nous les pratiquons toutes", explique-t-il.

Son "petit théâtre", comme il l'appelle affectueusement, poursuit son chemin vaille que vaille à travers les restrictions budgétaires (Ville de Paris, Etat). Attilio Maggiulli a même fait une grève de la faim il y dix ans pour sauver la Comédie Italienne.

Outre son "Arlequin" (mardi-samedi 20H30, dimanche 15H30), la Comédie Italienne propose à 14H00 "Un malade imaginaire" à l'italienne pour le jeune public de 4 ans à 12 ans.

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