Un an après son inauguration, le Mémorial Acte a conquis près de 110.000 visiteurs

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Le Mémorial ACTe a attiré près de 110.000 visiteurs en un an. (AFP PHOTO / NICOLAS DERNE)
Le Mémorial ACTe a attiré près de 110.000 visiteurs en un an. (AFP PHOTO / NICOLAS DERNE)

(AFP) - Il avait été inauguré il y a un an, en Guadeloupe, en présence du président François Hollande, lors de la journée de commémoration de l'esclavage: Le Mémorial ACTe, musée consacré à l'esclavage, unique sous cette forme en France, a depuis attiré près de 110.000 visiteurs.

"Le musée le plus complet et le plus abouti au monde", avait dit du MACTe, en juillet dernier, le révérend américain Jesse Jackson, lors de sa visite du site, en présence de l'AFP. Le militant de la cause noire participe, ce 10 mai à Paris, aux commémorations de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

"Aujourd'hui, un an après ce grand jour, notre MACTe (...) trône, monumental, majestueux à l'entrée de la baie de Pointe-à-Pitre. Il est bien, comme nous le demandions tous, +à la hauteur du crime commis+", écrit dans une tribune mardi au quotidien local, la présidente du Conseil départemental, Josette Borel-Lincertin, à la tête de la Région de 2012 à 2014 pendant l'intervalle ministériel de Victorin Lurel.

Au 7 avril, le centre caribéen d'expressions et de mémoire de la traite et de l'esclavage, qui aborde l'esclavage depuis les Amérindiens, en passant par la traite, les abolitions et l'esclavage moderne, avait accueilli près de 110.000 visiteurs pour l'exposition permanente et environ 28.000 pour les expositions temporaires.

Neuf mois après sa véritable ouverture au public (le 7 juillet), le succès est conforme aux espérances de Victorin Lurel qui avait porté le projet depuis 2004, et espérait, disait-il dans les colonnes de France-Antilles il y a un an, "entre 120 et 150.000 visiteurs pour commencer". Selon l'administration du MACTe, le taux de satisfaction des visiteurs avoisine les 90%, d'après les commentaires du livre d'or.
-"Puissant levier d'attractivité"-

Le coût des travaux de 83 millions d'euros, qualifié de "symbole d'excès de dépense publique" par une jeune formation politique, avait fait couler beaucoup d'encre. La polémique semble relever du passé, et le cube de granit noir dominant l'entrée de la baie de Pointe-à-Pitre, entouré de passerelles et de jardins tournés vers le large, paraît pleinement accepté par la population.

"Il ne faut pas calculer la rentabilité sur le seul chiffre d'affaires mais analyser les retombées économiques: hôtellerie, aviation, restauration. A l'heure où l'on parle de tourisme mémoriel, notre pays offre à connaître", a expliqué à l'AFP Luc Reinette, le président du Comité International des Peuples noirs, le premier à avoir porté l'idée d'un mémorial caribéen, rendant hommage à "nos ancêtres" esclaves.

"En une seule année d'existence, le Mémorial ACTe est devenu l'un des plus puissants leviers de l'attractivité de notre territoire", renchérit Mme Borel-Lincertin. Construit sur le site symbolique de l'ancienne usine sucrière de Darboussier, faisant face à des logements sociaux dans un quartier sensible en cours de rénovation, le plus grand centre au monde de mémoire sur la traite et l'esclavage s'est parfaitement intégré dans son environnement immédiat.

"Je suis heureux de l'appropriation du site par le public. Le lieu vit. Le MACTe est un joyau supplémentaire qui vient s'ajouter à ce que proposent la ville et l'agglomération", se réjouit le maire de Pointe-à-Pitre, Jacques Bangou, pour lequel l'inauguration, le 10 mai 2015, aura été "un temps très fort", en présence de François Hollande, et des chefs d'Etats d'Haïti, du Sénégal, du Mali et du Bénin.

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