Un an après les attentats, Bruxelles cherche encore des réponses

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 (Actualisé avec propos du Premier ministre) 
    par Robert-Jan Bartunek et Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 21 mars (Reuters) - Un an après les attentats 
djihadistes du 22 mars qui ont fait 32 morts à Bruxelles, les 
autorités belges sont loin d'avoir fait toute la lumière sur les 
commanditaires, même si les auteurs sont morts ou en prison. 
    Les attaques contre l'aéroport de Zaventem et la station de 
métro de Maelbeek, revendiquées par le groupe Etat islamique 
(EI) comme celles qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis 
le 13 novembre 2015, ont été perpétrées par des cellules de 
jeunes musulmans locaux dont certains avaient combattu en Syrie. 
    Depuis lors, Bruxelles reste en état d'alerte élevé.  
    Mais le pays a appris du drame, dit le Premier ministre, 
Charles Michel. "La Belgique est beaucoup plus solide en terme 
de sécurité qu'il y a un an", a-t-il assuré dans une interview à 
Reuters.  
    Alors que la capitale belge se prépare à commémorer mercredi 
le premier anniversaire du double attentat, les autorités ne 
savent toujours pas avec certitude qui au sein de l'EI a 
organisé et ordonné les attaques. Même si 59 personnes sont en 
détention et 60 autres en liberté sous caution.  
    "Nous n'aurons de certitudes que lorsque la situation en 
Syrie et en Irak sera réglée", dit un haut responsable à propos 
de l'enquête.  
    Le chef du gouvernement abonde dans le même sens. "Même 
aujourd'hui, je ne peux pas dire qu'il y a un risque zéro", 
prévient-il, face à des individus "prêts à mourir et à détruire 
aveuglément autant de vies que possible". 
    Il ne s'aventure pas à prédire quand la Belgique pourra 
abaisser le risque de menace terroriste - "deux mois, six mois, 
personne ne sait" - un fait valable, note-t-il, pour les autres 
pays dans la même situation, comme par exemple la France. 
         
    SURVEILLANCE ACCRUE 
    Plus de 400 Belges ont rejoint les rangs d'organisations 
islamistes en Syrie et en Irak, ce qui fait de la Belgique, 
proportionnellement à sa population, l'un des plus gros 
pourvoyeurs de djihadistes dans ces pays, selon une étude du 
Centre international de lutte contre le terrorisme basé à La 
Haye.  
    La plus récente arrestation liée aux attentats a eu lieu en 
janvier, celle d'un homme soupçonné d'avoir fourni de faux 
papiers d'identité à Khalid el Bakraoui, le kamikaze de 27 ans 
qui a tué 16 personnes dans une rame de métro à la station 
Maelbeek. 
    Les services de sécurité belges ont toujours des difficultés 
à pénétrer dans certains quartiers, comme celui de Molenbeek où 
Salah Abdeslam, seul rescapé présumé du commando des attentats 
du 13 novembre 2015 en France, s'est caché pendant quatre mois, 
près du domicile familial, avant d'être appréhendé.  
    Son arrestation, le 18 mars 2016, a précipité la décision de 
ses complices de frapper Bruxelles quatre jours plus tard.   
    La surveillance des jeunes gens radicalisés s'est cependant 
fortement accrue au cours de l'année écoulée.  
    Seuls cinq Belges ont été repérés l'an dernier alors qu'ils 
tentaient de partir en Syrie, et un seul y est parvenu, ce qui 
dénote un fort contraste par rapport aux années précédentes.  
    Un haut responsable belge a cependant souligné les risques 
d'attaques "à domicile". Selon les autorités, environ 160 
ressortissants belges se trouvent toujours en Syrie, où ils 
auraient eu environ 80 enfants.  
    "Ces enfants sont le danger de demain", dit-il. "Ils ont vu 
des atrocités, on leur a lavé le cerveau. Certains ont déjà reçu 
une formation militaire. Il faudra vraiment travailler avec eux 
à leur retour." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Gilles Trequesser pour le service 
français) 
 
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