Un an après le vol MH17, le président ukrainien accuse Moscou

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par Maria Tsvetkova HRABOVE, Ukraine, 17 juillet (Reuters) - Un an après la destruction d'un Boeing 777 de la Malaysia Airlines au-dessus de l'est de l'Ukraine, le président ukrainien Petro Porochenko a accusé vendredi l'armée russe d'avoir ordonné le tir de missile qui a abattu l'avion de ligne et fait 298 morts. Pour ce premier anniversaire, des cérémonies ont été organisées aux Pays-Bas, d'où étaient originaires la plupart des victimes, en Ukraine et en Australie. L'appareil abattu devait assurer le vol MH17 entre Amsterdam et Kuala Lumpur, la capitale malaisienne. "Le vol MH17, avec ses 298 victimes tuées sans raison, a été abattu par un missile russe Bouk, tiré par une équipe professionnelle russe, sur l'ordre de l'armée russe", a affirmé le président ukrainien. Un peu plus tard, il a toutefois présenté les choses différemment, mettant en cause des "terroristes" formés par les Russes - terme par lequel Kiev désigne les rebelles du Donbass. Moscou dément toute responsabilité dans le drame et met en cause l'armée ukrainienne, engagée dans des combats contre les séparatistes prorusses dans la région. Dans le village ukrainien de Hrabove, près duquel le Boeing malaisien s'est écrasé, un service religieux a été célébré vendredi et les habitants se sont rendus en procession à un monument élevé à la mémoire de "298 victimes innocentes de la guerre civile", comme le précise une inscription. Un prêtre orthodoxe et un dignitaire musulman ont récité des prières. Environ 300 personnes ont apporté des fleurs et des drapeaux des différents pays des victimes, puis des ballons ont été lâchés dans le ciel. Plusieurs combattants rebelles étaient présents, dont l'un des chefs de l'insurrection, Alexandre Zakhartchenko. Pour eux, c'est un avion de chasse gouvernemental qui a abattu l'avion. "Mais ils veulent nous faire porter le chapeau", dit un séparatiste qui ne donne que son nom de guerre, Soultan. Parmi les 298 victimes de la catastrophe, 193 étaient de nationalité néerlandaise. UN RAPPORT EN OCTOBRE Aux Pays-Bas, 1.500 parents et proches des passagers et membres d'équipage décédés ont participé à une cérémonie au cours de laquelle les noms des victimes ont été lus à haute voix, en présence du Premier ministre Mark Rutte. A l'aéroport Schiphol d'Amsterdam, d'où l'avion était parti, ainsi que dans plusieurs villes du pays, des tournesols ont été déposés, rappelant ceux qui poussent sur le site du crash. Les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics des Pays-Bas. Une cérémonie a également été organisée en Australie, d'où étaient originaires 39 des victimes, en présence du Premier ministre Tony Abbott. Les gouvernements occidentaux sont persuadés que le Boeing a été abattu par un missile sol-air Bouk, de fabrication russe, tiré par les séparatistes. Londres et Kiev ont une nouvelle fois demandé vendredi la constitution d'un tribunal international pour juger cette affaire, ce que souhaitent aussi la Malaisie, l'Australie, les Pays-Bas et la Belgique. Le président russe Vladimir Poutine, dans un entretien téléphonique jeudi avec le Premier ministre néerlandais, a jugé que la création d'un tel tribunal serait "contre-productive et prématurée" et a critiqué les versions selon lui "politisées" du drame données par les médias occidentaux. Les autorités néerlandaises, qui mènent l'enquête, disent ne pas être en mesure, pour l'instant, d'identifier les coupables. La publication d'un rapport sur les causes de la destruction du Boeing est attendue en octobre. Un exemplaire non définitif a déjà été diffusé auprès des pays qui avaient des ressortissants à bord de l'appareil. Mais l'enquête traîne en longueur et les familles des victimes s'impatientent. Certains proches ont lancé des procédures judiciaires contre la Malaysia Airlines, qui continuait au moment du drame à survoler les zones de guerre en Ukraine, contrairement à d'autres compagnies aériennes. A l'époque, le ministre malaisien des Transports avait souligné que 75 avions de ligne avaient emprunté la même route que le Boeing 777 dans les deux jours précédant le drame. (Avec Thomas Escritt à Amsterdam, Alessandra Prentice à Kiev et Kylie MacLellan à Londres; Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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