Un an après, Charlie Hebdo fustige toutes les religions

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    PARIS, 4 janvier (Reuters) - Un an après l'attentat 
djihadiste contre Charlie Hebdo, l'hebdomadaire publiera 
mercredi un numéro qui commémore l'événement avec, en 
couverture, un dessin montrant un Dieu barbu, portant une 
Kalachnikov et aux vêtements couverts de sang avec l'inscription 
: "Un an après, l'assassin court toujours". 
    Cette publication coïncidera avec l'anniversaire des 
attentats qui avaient fait 17 victimes en janvier 2015 et dont 
la commémoration occupera une partie de l'agenda présidentiel. 
    Le dessinateur Riss, auteur de la couverture, rappelle dans 
un éditorial que l'attaque contre Charlie Hebdo, qui avait fait 
12 morts, était justifiée par les caricatures de Mahomet 
publiées par l'hebdomadaire en 2006. 
    "En 2006, quand Charlie publia les caricatures de Mahomet, 
personne ne pensait sérieusement qu'un jour tout ça finirait 
dans la violence. Il n'était pas pensable qu'au XXIe siècle, en 
France, une religion tue des journalistes", écrit celui qui est 
aussi le directeur de la publication. 
    "La vérité, c'est que, dès cette époque, beaucoup espéraient 
qu'un jour quelqu'un viendrait nous remettre à nos places", 
ajoute-t-il en mettant tous les "fanatiques" dans le même sac. 
    Il souligne qu'à l'époque des attentats, la rédaction de 
l'hebdomadaire satirique pensait que les "histoires de 
caricatures (...), c'était du passé". 
    "Mais un croyant, surtout fanatique, n'oublie jamais 
l'affront fait à sa foi, car il a derrière lui et devant lui 
l'éternité. C'est ce qu'on avait oublié à Charlie. C'est 
l'éternité qui nous est tombée dessus, comme la foudre, 
-ce mercredi 7 janvier", écrit Riss. 
     
    COMMÉMORATIONS  
    Il estime que Charlie Hebdo continuera à vivre, malgré les 
extrémistes religieux. 
    "Ce n'est pas eux qui verront crever Charlie. C'est Charlie 
qui les verra crever", souligne-t-il. 
    François Hollande assistera dimanche prochain à l'hommage 
rendu place de la République, dans le centre de Paris, aux 
victimes des attaques islamistes de janvier et novembre 2015. 
    Ces commémorations seront le point final d'une semaine 
d'hommages, marquée également par les voeux de François Hollande 
aux forces de sécurité publique jeudi. 
    Parmi les autres événements à son agenda, le chef de l'Etat 
doit participer mardi au dévoilement de trois plaques à la 
mémoire des victimes des attaques contre l'hebdomadaire 
satirique et un commerce de produits cacher. 
    Samedi, il doit dévoiler une autre plaque en souvenir d'une 
policière tuée il y a un an à Montrouge (Hauts-de-Seine) par 
Amedy Coulibaly, l'auteur de la prise d'otage dans le magasin 
Hyper Cacher le 9 janvier 2015. 
    Dimanche matin, François Hollande est attendu sur la place 
de la République lors d'une cérémonie, organisée par la mairie 
de Paris et ouverte au public. 
    Plus d'un millier de personnes, des rescapés et des membres 
des familles des victimes, ont également été invitées, a-t-on 
appris auprès d'un porte-parole de la municipalité. 
    Le chanteur Johnny Hallyday a été convié pour y reprendre 
une chanson de son répertoire. 
    La place de la République a été au coeur des manifestations 
organisées à la suite des attentats de janvier et, après le 13 
novembre, le monument à la République s'est transformé en 
mémorial improvisé. 
 
 (Yves Clarisse) 
 
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  • dhote le lundi 4 jan 2016 à 10:53

    Nous payons très cher notre liberté d'expression et je crains que ça continue car nous n'avons tiré aucune leçon des événements passés. La tolérance sans le respect on fait fausse route.