Un aéroport qui a coûté 450 millions pourrait être revendu 10.000 euros

le
2

L’aéroport de Ciudad Real (à 235 kilomètres de Madrid) a fait faillite en 2010. Un groupe chinois souhaite le racheter pour un prix symbolique. Leur but : en faire une «porte d’entrée en Europe» pour des marchandises.

L’aéroport de Ciudad Real est un peu à Madrid ce que l’aéroport de Beauvais est à Paris. Un aéroport excentré. Sauf que dans le cas de Ciudad Real, le projet était titanesque: l’aéroport devait devenir une infrastructure phare. La construction a coûté la bagatelle de 450 millions d’euros, écrit Le Monde et il était prévu qu’il accueille plus de 2,5 millions de passagers par an! Ces objectifs ne prenaient pas en compte la crise de 2008, qui a bien changé la donne... Si bien qu’en 2010 - deux ans après son inauguration - il a fait faillite. Seules 100.000 personnes y ont voyagé. Bien loin de l’objectif initial.

Que faire d’un tel site? Certains ont leur petite idée. Le chinois Tzaneen international s’est porté candidat au rachat de l’aéroport avant la clôture des enchères, fixée le 17 juillet. La proposition effectuée peut paraître déroutante: une offre de 10.000 euros pour des infrastructures estimées à 40 millions d’euros, selon l’agence espagnole Europa press. Le chinois a déjà versé les deux millions d’euros d’aval exigés. Il est donc en mesure d’acheter l’ensemble des locaux de l’aéroport.

Un rabais engendré par une zone immobilière «fragmentée»

Pourquoi un prix si anecdotique? Le groupe chinois a justifié sa proposition par un argument immobilier. Selon lui, l’aéroport se situe sur une zone immobilière «fragmentée». Néanmoins, Tzaneen international se dit prêt à débourser ensuite une somme allant de 60 à 100 millions d’euros pour refaire fonctionner l’aéroport. Les Chinois ne cachent pas leurs ambitions dans un communiqué sur cette affaire... Ils souhaitent faire de cet aéroport la «porte d’entrée en Europe» pour transporter des marchandises.

La date limite pour que la transaction ait lieu est fixée au 15 septembre prochain, écrit Le Monde. Il est donc encore possible qu’un ou plusieurs autre(s) acheteur(s) se manifestent pour racheter l’aéroport. Petite précision: les offres ne pourront pas être inférieures à 70% de la somme estimée pour cette infrastructure, soit 28 millions d’euros. Il faudra donc patienter encore un peu pour connaître le sort de cet aéroport privé, symbole de la bulle immobilière des années 2000...

D’autant qu’en deux mois, les investisseurs chinois ont également le temps de changer d’avis! Il y a quelques semaines, Le Figaro rapportait que Mike Poon, le richissime industriel chinois qui avait racheté l’aéroport de Toulouse en 2014, s’était volatilisé. Tout peut donc potentiellement arriver!

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mikkaela le jeudi 30 juil 2015 à 19:09

    c'est écoeurant

  • lm123457 le lundi 20 juil 2015 à 13:19

    Même destin pour Notre Dames des Landes ... A force de croire en la croissance perpétuelle, ils saccagent le monde et ne nous laissent plus que les dettes. C'est cela l'externalisation des nuisances et l'internalisation des profits.