Un ADN de Russie donne le moment du métissage Sapiens-Néandertal

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par Will Dunham WASHINGTON, s7 novembre (Reuters) - L'étude de l'ADN de l'homme de Kostenki, qui vivait en Russie il y a 37.000 ans environ, a permis à des scientifiques de préciser le moment du métissage entre l'Homo sapiens et l'homme de Néandertal il y a plus de 50.000 ans, selon un article publié jeudi dans la revue Science. Le séquençage du génome de l'homme de Kostenki, appelé ainsi d'après le village où son squelette a été découvert il y a 60 ans, a été effectué à partir d'ADN prélevé sur son tibia gauche. Il s'agit du deuxième génome le plus ancien de notre espèce jamais séquencé. Les scientifiques ont découvert que l'homme de Kostenki avait un petit pourcentage des gènes de Néandertal, confirmant ainsi que le croisement entre Sapiens et Néandertal s'était déjà produit à l'époque où vivait cet homme il y a 36.200 à 38.700 ans. Quand les ancêtres des Européens actuels sont sortis d'Afrique pour se diriger vers l'Eurasie il y a 50.000 à 60.000 ans, ils ont rencontré les Néandertaliens, qui se trouvaient déjà en Europe et en Asie. Les scientifiques ont utilisé les données génétiques pour déterminer que le croisement s'est produit il y a à peu près 54.000 ans. Résultat de cette hybridation : toute personne ayant un ancêtre eurasien - des Chinois aux Scandinaves en passant par les indigènes d'Amérique - a un peu d'ADN de Néandertal. HISTOIRE EXTRAORDINAIRE "Nous montrons que cet individu (Kostenki) est lié aux Européens modernes. Nous montrons aussi que l'essentiel de la structure génétique présente dans l'Europe actuelle date d'au moins de l'époque à laquelle cet individu est mort", déclare Rasmus Nielsen, professeur de biologie informatique à l'Université de Californie, Berkeley et l'université de Copenhague. "Nous pensions que ces composantes (génétiques) étaient survenues à des époques différentes de l'histoire européenne après l'arrivée en Europe des premiers humains modernes. Et maintenant, nous voyons qu'elle étaient déjà là dès le début", ajoute Eske Willerslev, directeur du Centre de géogénétique de l'université de Copenhague. Les chercheurs se retrouvent désormais face à une nouvelle énigme. Ils n'ont pas trouvé de preuve d'une poursuite du métissage alors même qu'il y a eu cohabitation entre les groupes pendant encore des milliers d'années. Le Néandertal aux arcades sourcilières marquées a vécu en Europe et en Asie il y a 350.000 ans et jusqu'à il y a 40.000 ans. Il a disparu après l'arrivée de l'Homo sapiens. "Les populations de Néandertal ont-elles diminué très rapidement ? Est-ce que les humains modernes les ont encore rencontrées ? Au début, nous avions été surpris de découvrir qu'il y avait eu croisement. Désormais, la question est : pourquoi si peu ?", commente le professeur Robert Foley, spécialiste de l'évolution humaine à l'université de Cambridge. "C'est une découverte extraordinaire que nous ne comprenons pas encore." (Danielle Rouquié pour le service français)

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