Un actionnaire de Bayer attaque la direction sur Monsanto

le
0
 (Actualisé avec autres commentaires) 
    LONDRES, 20 mai (Reuters) - Un fonds actionnaire de Bayer 
 BAYGn.DE  s'en est pris vendredi au président du directoire du 
géant allemand de la chimie au sujet de l'offre de rachat de 
l'américain Monsanto  MON.N . 
    John Bennett, gestionnaire de fonds chez Henderson Global 
Investors, 15e actionnaire de Bayer selon les données Thomson 
Reuters, a accusé Werner Baumann, en poste depuis le 1er mai, 
d'avoir organisé une "destruction immédiate" de valeur en 
lançant jeudi une offre non sollicitée sur Monsanto. 
    L'annonce de cette offre, dont le montant n'a pas été 
précisé mais qui est évaluée à plusieurs dizaines de milliards 
d'euros, a fait plonger de plus de 8% le cours de Bourse du 
groupe allemand.   
    Vendredi, le titre Bayer a repris 1,16%, une performance 
comparable à celle de 1,23% de l'indice Dax  .GDAXI  de la 
Bourse de Francfort.  
    "Le bon travail de son prédécesseur a été anéanti. 
J'espérais que l'époque où l'on bâtissait des empires de manière 
arrogante et où l'on ignorait les véritables propriétaires d'une 
entreprise était révolue", écrit John Bennett dans un courriel 
adressé à Reuters. 
    "Le conseil de surveillance de Bayer devrait réfléchir au 
poste du président du directoire." 
    Avec ces déclarations, Bennett joint sa voix à celles - déjà 
nombreuses - qui ont critiqué l'offre sur Monsanto et 
particulièrement son montant.  
    Markus Manns, gérant d'Union Investment à Francfort, s'est 
ainsi dit "sceptique" sur les mérites du projet dans un 
entretien téléphonique à Reuters vendredi.  
    Si un rachat de Monsanto peut se justifier du point de vue 
stratégique en rapprochant les activités de semences de 
l'américain de celles d'agrochimie de l'allemand, son montant 
pèserait exagérément sur la situation financière de Bayer, 
a-t-il expliqué.  
    "Avec une prime supposée de 30% à 40%, ce serait un gros 
morceau", a-t-il dit. 
    Jeudi, Maximillian Anderl, gérant d'UBS GAM, avait déclaré 
qu'il préférerait une simple coentreprise ou une fusion sans 
prime par rapport au cours de Bourse. 
    Alistair Campbell, analyste de Berenberg, a lui aussi 
souligné la taille de l'opération dans une note à ses clients, 
avant d'ajouter: "Nous avons eu du mal à trouver des 
investisseurs favorables à cette opération".  
    L'agence de notation Standard & Poor's a placé vendredi la 
note de crédit de Bayer sous surveillance en vue d'une possible 
dégradation en arguant de l'offre soumise à Monsanto. 
 
 (Simon Jessop; Bertrand Boucey et Marc Angrand pour le service 
français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant