Un actionnaire d'UniCredit demande un changement de direction

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UN ACTIONNAIRE D'UNICREDIT FAVORABLE À UN CHANGEMENT DE L'ÉQUIPE DIRIGEANTE
UN ACTIONNAIRE D'UNICREDIT FAVORABLE À UN CHANGEMENT DE L'ÉQUIPE DIRIGEANTE

MILAN (Reuters) - Un actionnaire influent d'UniCredit, la plus grande banque d'Italie par ses actifs, a déclaré lundi que l'établissement aurait peut-être besoin de modifier son équipe dirigeante, alors que son administrateur délégué Federico Ghizzoni peine à conserver la confiance de ses actionnaires.

L'homme d'affaires italien Leonardo Del Vecchio, qui détient 2% d'UniCredit, est le premier actionnaire de la banque à dire publiquement qu'il faudrait peut-être changer de patron.

"(Federico) Ghizzoni est un bon banquier", a-t-il dit dans une interview au journal La Repubblica, après avoir exprimé son soutien à l'administrateur délégué pas plus tard qu'au mois d'octobre.

"Mais peut-être la banque a-t-elle besoin aujourd'hui de changements tellement radicaux pour prendre une nouvelle voie que cela ne peut pas se faire dans la continuité", a-t-il dit.

UniCredit a refusé de commenter ces déclarations.

Des rumeurs de mécontentement des investisseurs vis-à-vis de Federico Ghizzoni planent depuis plusieurs mois, la banque n'ayant pas réussi à lever les craintes qu'elle ne soit acculée à une augmentation de capital pour assainir ses finances.

Toutefois, son vice-président Luca Cordero di Montezemolo a affirmé jeudi que Ghizzoni avait le soutien des actionnaires.

La banque, qui publie ses résultats annuels mardi, supporte mal la comparaison avec sa rivale nationale Intesa SanPaolo, dont le bénéfice est deux fois plus élevé et les fonds propres plus étoffés que les siens.

Dans un contexte de chute des cours des valeurs bancaires italiennes liée au poids de leurs créances douteuses, UniCredit a perdu près de 40% de sa valeur depuis le début de l'année. Lundi l'action perd encore 1,31% à 3,16 euros vers 10h45.

Pour tenter d'améliorer ses performances, Federico Ghizzoni a annoncé en novembre un nouveau plan stratégique, prévoyant la restructuration ou la cession d'activités en Autriche et en Italie et la suppression de 18.200 emplois.

Il a écarté à plusieurs reprises l'éventualité d'une augmentation de capital et a dit que les résultats 2015 étaient bons et même, à certains égards, meilleurs que prévu.

Un actionnaire étranger a pourtant noté, sous couvert d'anonymat, que la banque semblait manquer de fonds propres.

"On peut dire que le patron actuel ne jouit pas d'un soutien important de la part des actionnaires", a-t-il dit.

"Donc à ce stade, seule une bonne série de résultats annuels pourrait apaiser les inquiétudes autour du capital. D'un autre côté, mon sentiment est qu'un changement de direction maintenant augmenterait ces craintes d'une augmentation de capital."

(Francesca Landini et Sinead Cruise, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • lechypre le lundi 8 fév 2016 à 12:52

    malheureusement si on remplace un crabe par un autre crabe du panier cela ne change rien...et encore une fois malheureusement c'est comme cela que ça fonctionne dans la finance...l'ami d'un ami