Un accord sur les autoroutes pourrait intervenir prochainement

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LE MINISTRE DES TRANSPORTS ANNONCE UN ACCORD À VENIR SUR LES AUTOROUTES
LE MINISTRE DES TRANSPORTS ANNONCE UN ACCORD À VENIR SUR LES AUTOROUTES

par Emmanuel Jarry et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le plan de relance autoroutier pourrait faire rapidement l'objet d'un accord entre l'Etat et les concessionnaires et être soumis d'ici la fin de la semaine aux autorités européennes de la concurrence, a déclaré lundi à Reuters le ministre des Transports Frédéric Cuvillier.

Le gouvernement et les concessionnaires Vinci, Eiffage et Sanef, filiale du groupe espagnol Abertis, discutent depuis novembre dernier des nouveaux investissements à réaliser dans le réseau français d'autoroutes moyennant un allongement de la durée des concessions.

"Nous sommes encore dans la phase terminale du plan mais si nous avons un accord avec l'ensemble des concessionnaires, je présenterai ce plan à Bruxelles, de sorte qu'il ne souffre d'aucun risque et d'aucun doute", a-t-il déclaré lors une interview téléphonique.

"Si nous arrivons à avoir la signature des concessionnaires, ce sera dans les prochains jours", a-t-il ajouté. "Cela peut intervenir cette semaine. On peut saisir Bruxelles très rapidement."

Frédéric Cuvillier a précisé que le montant total des investissements dépendrait du nombre de signataires. "La fourchette est de 1,5 milliard à 3,5 milliards d'euros selon les accords obtenus ou pas avec les concessionnaires", a-t-il dit.

Selon le quotidien Les Echos, qui évoque pour sa part une enveloppe de 3,7 milliards, Eiffage (APRR) contribuerait à hauteur d'un milliard d'euros, Vinci (ASF et Cofiroute) d'environ deux milliards et Abertis de 700 millions.

En fait, seulement la moitié de ces montants de travaux reviendrait aux branches BTP des concessionnaires car la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et l'Association des sociétés française des sociétés d'autoroutes (ASFA) ont signé un accord réservant 55% du montant à des entreprises non liées aux sociétés d'autoroutes, afin de soutenir les PME du secteur.

En 2010, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, certains concessionnaires avaient accepté de réaliser sur leur réseau un milliard d'euros d'investissements environnementaux, moyennant l'allongement d'un an de la durée de leurs concessions.

Cette fois la contrepartie négociée est estimée à trois ans, un sujet politiquement sensible car depuis la vague de privatisation des autoroutes françaises en 2006, les sociétés concessionnaires sont régulièrement accusées d'avoir touché une rente qui court en moyenne jusqu'aux années 2030.

La Cour des Comptes a jugé fin juillet que dans le système actuel, les hausses tarifaires opérées chaque année sur le réseau présentaient un "caractère contestable".

Avec ses 9.000 kilomètres concédés, le réseau autoroutier français est l'un des plus importants d'Europe. Parmi les chantiers qui pourraient être inclus dans le plan de relance figurent la rénovation du tronçon entre Paris et la première barrière de péage de l'Autoroute A6, ou encore le raccordement entre l'autoroute du Soleil et l'A89 Bordeaux-Lyon.

Emmanuel Jarry, Gilles Guillaume et Natalie Huet, édité par Jean-Michel Bélot

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