Un accord à l'Opep reste lointain malgré l'évolution saoudienne

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    * Les discussions se poursuivent pour un accord cette année 
    * Ryad se contenterait d'un plafonnement de production pour 
l'Iran 
    * L'Arabie ne paraît pas en situation de force 
 
    par Rania El Gamal et Alex Lawler 
    ALGER, 28 septembre (Reuters) - L'Opep n'a pas renoncé à 
parvenir d'ici la fin de l'année à un accord sur une limitation 
de sa production pour soutenir les cours du pétrole, dont la 
faiblesse fragilise l'économie saoudienne et contraint Ryad à 
assouplir sa position face à l'Iran. 
    Malgré des désaccords persistants au sein de l'Organisation 
des pays exportateurs de pétrole (Opep), les discussions se 
poursuivent, a déclaré mercredi le ministre iranien du Pétrole, 
Bijan Zanganeh. Celles-ci ne devraient pas déboucher sur un 
accord dès ce mercredi, lors d'une réunion informelle organisée 
à Alger, mais pourraient aboutir lors de la prochaine réunion 
ministérielle du cartel fin novembre à Vienne. 
    Le ministre saoudien du Pétrole, Khalid al Falih, a déclaré 
mardi que l'Iran, le Nigeria et la Libye seraient autorisés à 
produire "à des niveaux maximum qui font sens" dans le cadre 
d'un éventuel accord. Cette déclaration traduit une évolution de 
la position saoudienne alors que Ryad excluait jusqu'à présent 
de réduire sa production si tous les autres producteurs, Opep et 
non-Opep, n'en faisaient pas de même. 
    L'Iran, qui a entrepris de redresser sa production depuis la 
levée de sanctions occidentales à son encontre en janvier, 
accepterait de la plafonner "à près de 4 millions de barils par 
jour" en cas d'accord, a dit Bijan Zanganeh mercredi. Elle 
stagne à 3,6 millions de bpj depuis trois mois, soit quasiment 
son niveau antérieur aux sanctions occidentales. 
    Les économies saoudienne et iranienne reposent fortement sur 
le pétrole mais l'Iran souffre moins de la chute de moitié des 
cours depuis mi-2014 du fait de la levée des sanctions à son 
encontre et le pays pourrait afficher une croissance économique 
de près de 4% cette année, selon le Fonds monétaire 
international (FMI). 
     
    BAISSE DES SALAIRES 
    L'Arabie saoudite est en revanche confrontée à une situation 
de déficit budgétaire, lequel a atteint l'année dernière le 
niveau record de 98 milliards de dollars, liée à la stagnation 
de son économie. Elle a été contrainte de réduire les salaires 
des fonctionnaires. 
    "La baisse des salaires indique-t-elle que les Saoudiens 
sont prêts à se battre ou indique-t-elle qu'ils sont prêts à un 
accord?", s'interroge une source de l'Opep originaire d'un pays 
du Moyen-Orient, interrogée au sujet de l'évolution de la 
position saoudienne. 
    L'Arabie saoudite est de loin le premier producteur de 
l'Opep avec plus de 10,7 millions de barils extraits par jour, 
ce qui la place sur un pied d'égalité avec les Etats-Unis et la 
Russie. 
    Ses revenus pétroliers ont diminué de moitié depuis deux 
ans, ce qui a contraint Ryad à se débarrasser chaque mois de 
plusieurs milliards de dollars d'actifs à l'étranger pour régler 
ses factures. Les autorités saoudiennes ont aussi décidé l'an 
dernier de réduire les subventions pour le carburant et 
l'électricité et elles ont engagé un vaste plan de 
transformation de leur économie pour la rendre moins dépendante 
du pétrole. 
    "Les Iraniens ne perdent pas autant que les Saoudiens. Ils 
sont dans une position de force", a dit une source au sein de 
l'Opep présente à Alger cette semaine. 
    Selon des sources au sein du cartel, l'Arabie a proposé de 
ramener sa production à 10,2 millions de bpj si l'Iran accepte 
de plafonner la sienne à 3,6 à 3,7 millions de bpj. 
    Pour Gary Ross, fondateur du cercle de réflexion américain 
PIRA et connaisseur de longue date de l'Opep, cette proposition 
est clairement inacceptable pour l'Iran, dont la production a 
été contrainte par les sanctions occidentales ces dernières 
années tandis que celle de l'Arabie a augmenté pour ne pas se 
laisser déborder par le pétrole de schiste des Etats-Unis. 
    "La baisse des salaires illustre l'urgence du plan de 
transformation national (de l'économie). Si les Saoudiens 
prenaient la moindre mesure agressive contre les cours du 
pétrole en ce moment, cela irait à l'encontre de cette urgence", 
dit Gary Ross. 
 
 (Avec Vladimir Soldatkin, Patrick Markey et Lamine Chikhi à 
Alger, Andrew Torchia à Dubaï; Bertrand Boucey pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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