Un accident nucléaire en France coûterait 430 milliards d'euros

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LE NUCLÉAIRE EN FRANCE
LE NUCLÉAIRE EN FRANCE

par Michel Rose

SAINT-PAUL-LEZ-DURANCE, Bouches-du-Rhône (Reuters) - Un accident similaire à la catastrophe de Fukushima au Japon pourrait coûter à la France quelque 430 milliards d'euros, soit l'équivalent de 20% de son PIB, selon une étude de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Environ 100.000 personnes pourraient être déplacées en cas d'accident majeur sur l'un des 58 réacteurs français et de contamination radioactive de l'environnement, entraînant une destruction des cultures et des coupures massives de courant.

"Un accident majeur aurait des conséquences terribles, mais il va bien falloir s'en occuper, le pays ne va pas être annihilé pour autant, et donc il faut en parler, mais c'est difficile", a déclaré Jacques Repussard, directeur général de l'IRSN, qui présentait à Cadarache (Bouches-du-Rhône) une étude sur l'impact financier d'une crise nucléaire.

Un accident aurait aussi un impact sur les exportations françaises et sur le tourisme, le plus important au monde en nombre de visiteurs, a souligné l'institut.

"Les coûts d'image seraient considérables, aussi élevés que les coûts radiologiques", a souligné Patrick Momal, économiste à l'IRSN, responsable de cette étude présentée sur le site du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Cadarache.

"Le tourisme est une activité importante en France et les coûts directs n'affecteraient pas seulement la région touchée, mais le pays tout entier", a-t-il ajouté.

Même en dehors de la zone contaminée, les stars de la gastronomie française à l'exportation, comme le vin, susciteraient la crainte des consommateurs étrangers, note l'IRSN.

"VENTS FAVORABLES"

C'est la première fois qu'un institut public chiffre l'impact économique d'une catastrophe nucléaire en France, pays le plus dépendant de cette énergie au monde, où le coût peu élevé de l'électricité produite par les centrales constitue un argument majeur pour légitimer l'industrie nucléaire.

Sa publication intervient deux ans après la catastrophe de Fukushima, qui a coûté environ 200 milliards d'euros au Japon, soit deux fois moins que le coût estimé en France, selon l'IRSN.

"Les vents ont été favorables aux Japonais, comme autrefois lors des invasions mongoles. Au Japon, le tourisme international ne représente pas grand-chose. C'est plutôt une clientèle de visiteurs d'affaires", explique Patrick Momal.

L'IRSN a étudié différents scénarios. Un accident équivalent à celui de Fukushima ou à celui qui s'est produit à Tchernobyl en 1986 -classé 7, le niveau maximum de gravité sur l'échelle INES - pourrait atteindre 430 milliards d'euros.

Un accident classé niveau 6, comme celui de Three Miles Island aux Etats-Unis en 1979, coûterait environ 120 milliards d'euros et entraînerait le déplacement de quelque 10.000 personnes.

L'accident nucléaire le plus sérieux en France a eu lieu en 1980 à la centrale de Saint-Laurent-les-Eaux. Il fut classé 4 sur l'échelle Ines.

La France compte actuellement 58 réacteurs en activité et neuf prototypes, dits de première génération, sont à l'arrêt.

Un 59e réacteur doit être mis en service en 2016 à Flamanville, où le chantier du premier réacteur français de troisième génération accuse quatre ans de retard et des surcoûts importants.

François Hollande s'est engagé à fermer d'ici la fin de l'année 2016 les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc français, en raison notamment de sa situation en zone sismique et inondable.

Le président socialiste souhaite réduire de 75 à 50% d'ici 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité, en développant massivement les énergies renouvelables et en réduisant la consommation.

Avec Marion Douet à Paris, édité par Yves Clarisse

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  • adelala2 le jeudi 7 fév 2013 à 12:39

    Ca a couté combien de payer ces clowns pour faire un rapport? Si on supprime tous les clowns qui font des rapports, des conférences, des livres, sur qu'on va réduire le déficit plus vite que prévu.