"Ultimo Elvis", les rêves de gloire contrariés d'un Elvis argentin

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(AFP) - Portrait émouvant d'un sosie argentin d'Elvis Presley hanté par son idole, "Ultimo Elvis" décrit le parcours contrarié d'un homme "obligé de choisir entre ses rêves et sa famille", selon son réalisateur Armando Bo.

"Ultimo Elvis" (Le dernier Elvis), qui sort mercredi sur les écrans français, avait été projeté en première mondiale au festival américain du cinéma indépendant de Sundance, en janvier 2012.

L'Argentin Armando Bo, dont c'est le premier long métrage, a fait ses armes comme scénariste, notamment sur le bouleversant "Biutiful" (2010) du Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu.

Dans "El ultimo Elvis", il raconte le destin d'un Argentin de Buenos Aires (John McInerny) obsédé par le "King". Ouvrier le jour, il enfile le soir les habits de lumière de son idole et va chanter, pour le compte d'une association de sosies, dans les mariages et les maison de retraite.

Séparé de sa femme et père d'une petite fille, il ne vit que pour ses rêves de gloire et un mystérieux "grand projet", avant qu'un drame ne l'oblige à se confronter à la réalité, au moins pour un temps.

"Il y a six ans, j'ai connu un sosie d'Elvis et j'ai commencé à me demander ce qui pouvait arriver à quelqu'un qui vivait avec la personnalité d'un autre", expliquait Armando Bo à l'AFP au festival de Sundance.

En écrivant l'histoire, il a compris qu'il serait intéressant de faire s'entrechoquer l'illusion et la réalité.

"Au début, Elvis construit son existence autour de son rêve, il nie complètement la réalité et se comporte comme celui qu'il veut être, jusqu'à ce que la vie lui donne une gifle et lui dise: +Tu n'est pas cet homme+", dit-il. "Il doit alors s'adapter à ce qui lui arrive et qu'il est incapable de gérer. Mais il ne peut plus mentir car il doit prendre en charge la réalité".

Bouleversant

La réalité, c'est essentiellement sa fille, évidemment baptisée Lisa Marie (Margarita Lopez), avec qui il est contraint de partager quelques jours, en l'absence de son épouse Priscilla (Griselda Siciliani).

La fillette, qui n'a jamais beaucoup apprécié ce père se faisant appeler Elvis et se baladant avec des vestes à franges et des jeans pattes d'éléphants, apprend à découvrir un homme touchant, qui n'est sans doute pas le père le plus affectueux du monde mais qui sait chanter des berceuses à la guitare.

Le personnage de la mère était quant à lui "important pour donner un ancrage au film et avoir quelqu'un qui exprime ce que pense une personne normale", explique le cinéaste.

"C'est une femme fatiguée, à la personnalité très dure et très crue", déclare à l'AFP l'actrice argentine Griselda Siciliani. Connue dans son pays pour ses rôles légers et sa personnalité lumineuse, l'actrice a dû "limiter beaucoup son expressivité. J'ai essayé de travailler le rôle non pas du point de vue de la retenue, mais plutôt comme si je me débarrassais des outils (d'interprétation) et de la technique", dit-elle.

Armando Bo a mis plus d'un an à trouver son Elvis. "Je cherchais un acteur connu car nous devions trouver du financement, mais il n'y avait personne", se souvient-il. "Un jour, je suis entré dans une boutique consacrée à Elvis -- probablement la seule en Argentine -- j'y ai acheté des livres et un disque de John McInerny", un sosie musical du King.

"Je l'ai appelé pour qu'il soit le coach du futur acteur. Et puis un jour, je lui ai fait faire un essai, il était formidable", raconte-t-il.

De fait John McInerny -- musicien accompli et professeur d'université -- interprète toutes les chansons du film et s'avère bouleversant dans le rôle d'Elvis, sans doute précisément parce qu'il ne lui ressemble pas et qu'il endosse le personnage avec une dignité de chaque instant.

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