Ultimatum des forces ukrainiennes après des heurts à Kiev

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VIOLENTS AFFRONTEMENTS À KIEV
VIOLENTS AFFRONTEMENTS À KIEV

par Pavel Polityuk et Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - Les forces de sécurité ukrainiennes ont lancé mardi aux manifestants antigouvernementaux un ultimatum qui devait expirer en fin d'après-midi, alors que des affrontements ont opposé la police et des contestataires près du Parlement, puis aux environs immédiats de la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev.

D'après une députée d'opposition, trois manifestants ont été tués lors de heurts près du Parlement, et leurs corps gisent à l'intérieur du Club des officiers, un bâtiment voisin qui est occupé par les opposants.

"Sept autres agonisent", précise Lesya Orobets, élue du parti Batkivchtchina (Mère-Patrie), sur Facebook, tandis que la police dit avoir eu vent de la mort d'une personne.

Dans la matinée, des milliers de manifestants ont affronté les forces de l'ordre qui les empêchaient de marcher vers le Parlement et ont usé de fumigènes et de grenades assourdissantes pour tenter de disperser la foule, selon un journaliste de Reuters sur place.

D'autres affrontements ont ensuite éclaté dans l'après-midi alors que les forces de l'ordre avançaient vers la place de l'Indépendance, dans le centre de Kiev, mais les policiers se sont arrêtés au bord du site où sont rassemblés des milliers de manifestants depuis des semaines.

Dans un communiqué commun publié quelques minutes plus tôt, le ministère de l'Intérieur et le Service de sécurité de l'Etat (SBU) ont ordonné aux manifestants de mettre fin aux "troubles" avant 16h00 GMT sous peine de s'exposer à des "mesures sévères".

"Si les troubles n'ont pas pris fin d'ici 18h00 (16h00 GMT), nous serons dans l'obligation de rétablir l'ordre par tous les moyens légaux. Si les troubles se poursuivent, nous seront contraints de recourir à des mesures sévères", prévient l'appareil de sécurité.

ACTION DE L'OPPOSITION AU PARLEMENT

Vitali Klitschko, l'un des chefs de la contestation, a lancé un appel au président Viktor Ianoukovitch pour qu'il ordonne le retrait de la Berkout, la police antiémeute, des rues de la capitale qui n'avait plus connu de telles scènes de violence depuis plus de trois semaines.

A l'intérieur du Parlement, les chefs de l'opposition ont interrompu les procédures en barrant l'accès à la tribune et en exigeant que les députés débattent des amendements constitutionnels qu'ils réclament pour réduire les pouvoirs du chef de l'Etat.

L'opposition réclame, après douze semaines de crise déclenchée par le refus du président de signer un accord de partenariat avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie, la possibilité de former un gouvernement indépendant pour mettre fin aux troubles et sauver l'économie de l'effondrement. Le poste de Premier ministre est vacant depuis le limogeage de Mikola Azarov à la fin janvier.

La Russie a accusé les "responsables occidentaux et les structures européennes" d'être responsable de l'accroissement des tensions en ayant "fermé les yeux sur les actions agressives de forces radicales dès le début de la crise".

Le ministère russe des Affaires étrangères a publié ces déclarations au lendemain d'un coup de pouce à l'Ukraine de la Russie qui a annoncé le déblocage de l'équivalent de 2 milliards de dollars d'aide, partie d'un programme d'assistance totalisant 15 milliards de dollars (10,9 milliards d'euros).

Jean-Stéphane Brosse et Julien Dury pour le service français; édité par Henri-Pierre André

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