Ukraine: UE et Etats-Unis tentent une médiation après de nouveaux heurts

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La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, ainsi que la secrétaire d'Etat adjointe américaine Victoria Nulland rencontrent mardi à Kiev le président ukrainien pour des négociations cruciales après de nouveaux heurts entre police et manifestants.

Catherine Ashton, arrivée à Kiev en début d'après-midi, doit rencontrer le président Viktor Ianoukovitch vers 13H00 GMT, puis dans la soirée les trois leaders de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok.

L'UE a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une "médiation formelle", tâche qui revient "aux forces politiques ukrainiennes".

Dans une démarche similaire, la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, de retour d'une visite à Moscou lors de laquelle elle a appelé la Russie a user de son influence pour aider à trouver une issue à la crise, a annoncé qu'elle rencontrait M. Ianoukovitch mardi.

Avant son départ pour Kiev, la représentante de la diplomatie de l'UE a dit redouter que la pression accrue des forces de l'ordre sur l'opposition, qui occupe la place centrale de Kiev depuis plus de deux semaines, ne fasse "dérailler" la recherche d'une sortie de crise.

Les forces de l'ordre ont commencé lundi en fin d'après-midi à déloger les manifestants qui avaient monté une semaine plus tôt des barricades dans le quartier abritant administration présidentielle, gouvernement et parlement.

Des heurts ont éclaté peu après 03H00 du matin (01H00 GMT) lorsque les policiers ont repoussé les manifestants qui tenaient une barricade à proximité de la présidence, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont fait usage de leurs matraques contre les manifestants, dont dix ont été blessés selon le parti d'opposition Svoboda. La police a compté deux blessés dans ses rangs.

"ils vont aller jusqu'au bout"

Le quartier gouvernemental est désormais totalement vidé des barrages de l'opposition, dont les manifestants ont été repoussés sur la place de l'Indépendance et une partie du boulevard Krechtchatik voisin, sous forte surveillance policière.

Mardi matin, environ 300 manifestants restaient regroupés sur la place, plus les occupants des tentes qui y ont été plantées, sous la neige et par des températures tombées à -7 degrés.

"Je suis inquiet", a indiqué à l'AFP Olexandre Frolov, 48 ans, sur la place de l'Indépendance.

"Ce sont des bandits, ils ne laisseront pas le pouvoir comme ça. Ils vont aller jusqu'au bout", a-t-il poursuivi au sujet du pouvoir en place.

Comme la veille, la police a fermé les stations de métro desservant la place de l'Indépendance, officiellement pour une alerte à la bombe.

Lundi, des perquisitions musclées ont en outre été menées dans les locaux du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, Batkivchtchina, qui s'est vu confisqués serveurs informatiques et matériel.

Le président ukrainien, dont l'opposition demande le départ depuis qu'il a renoncé à un accord avec l'UE au profit d'un rapprochement avec Moscou, avait pourtant esquissé lundi un geste d'ouverture en acceptant des pourparlers avec l'opposition.

Pour poser les bases de ce dialogue, il a rencontré mardi matin les trois ex-présidents ukrainiens, dont son rival sorti vainqueur de la Révolution orange de 2004 Viktor Iouchtchenko, et celui dont il fut le Premier ministre au début des années 2000, Leonid Koutchma.

Egalement présent, le premier président de l'Ukraine indépendante, Léonid Kravtchouk est à l'initiative de ces rencontres destinées à trouver un "compromis" avec l'opposition, selon la présidence.

Les manifestants accusent M. Ianoukovitch de préparer en secret l'entrée de l'Ukraine, en grande difficulté économique et financière, dans l'Union douanière établie par Moscou avec d'anciennes républiques soviétiques.

Ils ont réalisé une nouvelle démonstration de force dimanche en réunissant des centaines de milliers de personnes dans la rue.

La mobilisation avait été galvanisée par les violences que les forces anti-émeutes sont accusées d'avoir commises contre de jeunes manifestants le 30 novembre.

Lundi, le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a appelé le président Viktor Ianoukovitch pour lui dire sa "profonde inquiétude" quant à une possible flambée de violence.

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