Ukraine-Préparatifs pour un sommet à l'issue incertaine

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* Les "sherpas" à Minsk pour préparer le sommet de mercredi * Le sommet devrait se tenir malgré l'intransigeance russe * "Trouver des réponses habiles" pour parvenir à un accord * De nombreux points restent à régler entre Russes et Ukrainiens * Hollande déterminé mais "pas sûr" d'aboutir (actualisé avec déclaration de Hollande, Fabius) par Elizabeth Pineau MINSK/PARIS, 10 février (Reuters) - Les conseillers diplomatiques des dirigeants russe, ukrainien, français et allemand se retrouvent ce mardi à Minsk pour préparer le sommet de mercredi soir, l'une des dernières chances de trouver une porte de sortie au conflit en Ukraine. Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel pourraient se réunir toute la nuit dans la capitale biélorusse, avec l'espoir de s'entendre sur un texte commun avant le Conseil européen de jeudi à Bruxelles auquel participeront les dirigeants français et allemand. "Nous allons vers Minsk avec la ferme volonté d'aboutir, sans être sûrs de pouvoir le faire, et chacun devra être mis devant ses responsabilités", a dit mardi à la presse François Hollande après avoir reçu son homologue roumain Klaus Iohannis. "Les discussions ont lieu aujourd'hui mais les combats aussi dans l'est de l'Ukraine, avec des morts, avec des civils qui vivent un calvaire", a-t-il ajouté en promettant d'être avec Angela Merkel "actif jusqu'au dernier moment de cette rencontre pour qu'il puisse y avoir un accord, un règlement global". Le but est en effet de parvenir à un accord complet, pas "à peu près", dit-on à l'Elysée, où l'on estime que la diplomatie doit se donner encore quelques jours pour aboutir, quitte à organiser un ultime rendez-vous si nécessaire. Les membres du groupe de contact réunissant Russie, Ukraine et Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se réunissent parallèlement aux "sherpas" mardi à Minsk. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rappelé à l'Assemblée nationale les principes défendus par la France : "Cessez-le-feu immédiat, retrait rapide des armes lourdes, contrôle effectif de la frontière, respect de la souveraineté de l'Ukraine, recherche d'un statut particulier pour les populations du Donbass". ARMER LES REBELLES ? Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont fait un geste en faveur de la Russie en retardant au 16 février l'entrée en vigueur des sanctions prononcées contre des personnalités russes et des séparatistes ukrainiens. ID:nL5N0VJ331 A Washington, Barack Obama s'est laissé le temps de la décision quant à l'envoi d'armes aux Ukrainiens, vivement réclamée par des Républicains américains. ID:nL5N0VJ4KK La chancelière allemande, venue à Washington pour réaffirmer son opposition à des livraisons d'armes, a répété qu'elle ne croyait pas à une solution militaire, tout en reconnaissant la difficulté de parvenir à une solution diplomatique avec Moscou. "Si, à un certain stade, on doit admettre que le succès n'est pas possible, y compris si on y met toute son énergie, les Etats-Unis et l'Europe devront (...) explorer d'autres possibilités", a-t-elle dit. Pour éviter "une guerre aux portes de l'Europe", Angela Merkel et François Hollande ont lancé la semaine dernière une nouvelle initiative visant à mettre en oeuvre le Protocole de paix de Minsk signé en septembre mais resté lettre morte, y compris un cessez-le-feu violé de manière répétée. Depuis, la zone contrôlée par les séparatistes a augmenté d'environ 500 km2 à la suite d'une vive offensive. Le statut des territoires aux mains des rebelles figure au nombre des points qui restent à régler, au même titre que le contrôle des frontières et le retrait des armes lourdes. ZONE DÉMILITARISÉE ? L'accord de Minsk prévoit d'accorder un statut spécial aux territoires tenus par les rebelles et d'y organiser des élections locales mais les séparatistes ont depuis organisé des scrutins dans les territoires qu'ils tiennent. La Russie veut que les résultats de ces élections soient reconnus, ce qui impliquerait de reconnaître leur autonomie. La France a fait état d'une proposition de créer une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de part et d'autre de la ligne de démarcation entre pro-russes et Ukrainiens. La Crimée, annexée au printemps dernier par les Russes, n'est, elle, pas à l'ordre du jour. "On n'en parle pas", dit un diplomate proche des discussions. "On essaie de trouver des réponses habiles, on tord tout ce qu'on peut dans l'accord de Minsk pour le mettre en oeuvre", ajoute-t-il, précisant que tout se fait en lien avec l'Ukraine. "On n'impose rien à Porochenko, on ne lui tord pas le bras." Pour ce haut diplomate, le fait d'avoir réuni les ennemis d'hier autour d'un même projet d'accord est une avancée majeure. "Il y a huit jours, ils ne se parlaient pas. Là, on les met autour d'une table autour d'un papier qui a plein de défauts, qui est de guingois, mais qui a le mérite d'exister". A Moscou, le Kremlin a fait savoir qu'il serait inutile de lancer un "ultimatum" à Vladimir Poutine. "Personne n'a jamais parlé au président sur le ton d'un ultimatum et personne ne pourrait le faire", a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à la radio Govorit Moskva. (Avec Julien Ponthus à Paris, édité par Yves Clarisse)

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