Ukraine-Merkel à Washington pour défendre la voie diplomatique

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WASHINGTON, 9 février (Reuters) - Angela Merkel est arrivée lundi à Washington, où elle devrait réaffirmer au président Barack Obama qu'elle s'oppose à la fourniture d'armes à l'Ukraine, comme le préconisent les républicains au Congrès. La chancelière allemande, comme de nombreux autres Européens, estime que livrer des armes à Kiev ne ferait qu'augmenter les risques d'escalade du conflit dans le Donbass, qui a fait plus de 5.000 morts depuis avril dernier. Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, ce week-end, Angela Merkel a reconnu qu'elle ne savait pas si les négociations en cours avec le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko aboutiraient à un accord, mais elle a défendu la nécessité d'explorer toutes les voies d'une solution diplomatique. La chancelière allemande a lancé la semaine dernière avec le président français François Hollande une nouvelle initiative pour tenter de mettre en oeuvre les accords de paix de Minsk, signés sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en septembre dernier. L'objectif immédiat de Paris et Berlin est la réunion d'un sommet quadripartite mercredi à Minsk. La position d'Angela Merkel est critiquée à Washington par les "faucons" républicains, comme les sénateurs Lyndsey Graham et John McCain. "Les Ukrainiens se font massacrer et nous leur envoyons des couvertures et des vivres", a déploré McCain à Munich. "Les couvertures n'ont guère d'effet face à des chars russes". OBAMA RÉFLÉCHIT, PAS DE DÉCISION IMMÉDIATE Barack Obama n'a quant à lui pris aucune décision concernant l'envoi d'armes à l'armée ukrainienne, dit-on dans son entourage. "Le calendrier est très mouvant. C'est trop important pour prendre une décision immédiate", a déclaré un haut responsable de la Maison blanche. Ashton Carter, pressenti pour devenir le nouveau secrétaire à la Défense, semble de plus en plus favorable à l'envoi d'équipement létal à Kiev, comme des armes antichar, des armes légères et des munitions. Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale, confirme que cette option est à l'étude mais met en garde contre la nécessité de maintenir l'unité entre Washington et ses alliés européens. Une telle mesure devrait être prise "en étroite coordination avec nos partenaires", a-t-elle souligné. Dimanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est employé à minimiser les points de désaccord avec l'Europe. "Allons-nous rester unis? La réponse est que nous sommes absolument unis, sans équivoque, nous sommes unis et nous le resterons", a-t-il dit à la conférence de Munich. Federica Mogherini, la haute représentante de l'UE pour la politique extérieure, a estimé que la livraison d'armes américaines à Kiev ne provoquerait pas une crise entre Washington et l'UE. "Nous sommes unis lorsqu'il importe de soutenir l'Ukraine(...). Nous sommes unis lorsqu'il est question de pressions économiques et nous le sommes aussi quant à la nécessité d'avoir un dialogue politique", a-t-elle déclaré. (Andreas Rinke, Aleksandar Vasovic; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • charleco le lundi 9 fév 2015 à 18:01

    Qu'elle dise à Obama de retirer l'OTAN et qu'il cesse d'interférer négativement dans les négociations.