Ukraine-Les rebelles veulent avancer avant la trêve-Kiev

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* Chars et combattants professionnels vus près d'un barrage * Les rebelles disent être soutenus par des "invités de Russie" * Un cessez-le-feu censé entrer en vigueur à minuit (Actualisé avec précisions, commentaires des rebelles) par Anton Zverev VOUHLEHIRSK, Ukraine, 14 février (Reuters) - Les combats se sont intensifiés samedi dans l'est de l'Ukraine, les rebelles séparatistes pro-russes tentant d'agrandir leur territoire avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu à minuit, a annoncé l'armée ukrainienne. L'accord conclu jeudi matin à Minsk dans le but de mettre fin aux combats dans l'est de l'Ukraine prévoit l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche à 00h00, un retrait des armes lourdes de la ligne de front et la constitution d'une zone tampon de 50 km sous contrôle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). "Les rebelles tentent de mener à bien leurs projets stratégiques essentiels et d'accroître le territoire sous leur contrôle avant minuit, principalement en direction de Debaltseve", a commenté Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée régulière, lors de son point de presse quotidien à Kiev diffusé à la télévision. Les combats ont fait rage ces dernières semaines à Debaltseve, noeud ferroviaire et routier stratégique situé au nord-est de Donetsk, la place forte des rebelles. A une dizaine de kilomètres de Debaltseve, des tirs d'artillerie lourde résonnaient près d'un barrage tenu par les rebelles, a indiqué un journaliste de Reuters. Il a fait état de tirs pratiquement toutes les minutes. Une colonne de véhicules militaires et d'artillerie a franchi le barrage en direction de Debaltseve. Ce point de contrôle était gardé par plusieurs dizaines de combattants qui avaient l'air de professionnels. Des chars et des véhicules blindés étaient également visibles. Les combattants locaux, a expliqué, sous le sceau de l'anonymat, un rebelle au point de contrôle, sont soutenus par des "invités de Russie". Selon Andriy Lissenko, les forces séparatistes continuent à être renforcées par des combattants et de l'équipement militaire qui ont franchi la frontière orientale de l'Ukraine en provenance de la Russie ces dernières 24 heures. DEUX GRENADES A LA MAIN Moscou dément renforcer les séparatistes en hommes ou en véhicules blindés bien que les responsables occidentaux citent des preuves montrant massivement le contraire. Les rebelles sont désormais nettement au-delà de la ligne fixée par le précédent cessez-le-feu, conclu à Minsk également, le 5 septembre dernier. Le nouvel accord prévoit le retrait de leurs armes à environ 75 km pour les remettre derrière la ligne, tandis que les armes ukrainiennes doivent faire marche arrière de 25 km. Tatiana Demtchenko, commandante adjointe d'une unité de rebelles sur la commune de Horlivka, se montre pessimiste sur le maintien de la trêve. "Ils nous tireront dessus et nous devrions rester silencieux ? Les milices peuvent recevoir l'ordre de ne pas ouvrir le feu, mais quoi, nous restons assis et mourons dans les bombardements ? S'ils ne tirent pas, nous ne tirerons pas", dit-elle, tenant deux grenades à la main. Selon le président ukrainien Petro Porochenko, le pays est à un carrefour stratégique entre la guerre et la paix. "Ou l'ennemi arrête de tirer et commence la désescalade (...) ou l'ennemi intensifie le conflit pour nous et pour l'Europe et le monde entier", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien lors d'une cérémonie pour les garde-frontières diffusée à la télévision. Le commandement militaire ukrainien a annoncé que sept soldats avaient été tués et 23 autres blessés au cours des dernières 24 heures dans le Donbass. Le Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) a publié un communiqué vendredi soir appelant toutes les parties à s'abstenir de toute action de nature à empêcher l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. ID:nL5N0VN58D Le G7 se dit prêt à prendre les "mesures appropriées" contre ceux qui violeraient le nouvel accord de Minsk. Cette expression qui semble être la menace de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. (Avec Pavel Polityuk; Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français)

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