Ukraine-Les rebelles disent attendre des renforts russes

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(Actualisé tout au long) par Thomas Grove DONETSK, Ukraine, 16 août (Reuters) - De nouveaux combats ont éclaté samedi dans l'est de l'Ukraine, où les rebelles disent attendre des renforts venant de Russie, mais le conflit n'a montré aucun signe d'escalade au lendemain de l'annonce par Kiev de la destruction partielle d'une colonne de blindés venus de Russie. La nouvelle avait fait plonger vendredi le cours du dollar et les indices des principales places boursières, qui craignent une confrontation directe entre Moscou et les puissances occidentales. Moscou, qui parle d'une information "fantaisiste", n'a pas brandi la menace de représailles tandis que Washington a dit ne pas être en mesure de confirmer la destruction de véhicules russes en territoire ukrainien. Alexandre Zakhartchenko, Premier ministre de la République autoproclamée de Donetsk, a pourtant dit attendre l'arrivée imminente de 150 véhicules blindés, dont 30 chars, et de 1.200 combattants formés depuis quatre mois en Russie. "Ils arrivent au moment le plus important", a-t-il affirmé dans une vidéo enregistrée vendredi. Lors d'un d'un entretien téléphonique, samedi, le président ukrainien Petro Porochenko et le vice-président américain Joe Biden ont jugé que les livraisons d'armes russes aux rebelles "contredit la volonté affichée par Moscou d'améliorer la situation humanitaire dans l'est de l'Ukraine", a indiqué la Maison blanche dans un communiqué. Le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, a de son côté appelé l'Union européenne et l'Otan à fournir des armes à l'armée de Kiev pour venir à bout de l'insurrection. "C'est une question cruciale que doivent se poser l'Union européenne et l'Otan: que peuvent-ils faire si une guerre est propagée en Europe par un pays européen (la Russie)", a-t-il dit à la radio allemande Deutschlandfunk, selon des extraits d'une interview qui sera diffusée dimanche. "Oui, bien sûr, nous avons besoin d'une aide militaire parce que si c'était le cas, nos troupes pourraient agir plus facilement sur le terrain", a ajouté Pavlo Klimkine. ACCORD PARTIEL POUR LE CONVOI Les forces gouvernementales ont repris ces dernières semaines beaucoup de terrain aux séparatistes, dont plusieurs chefs ont en outre démissionné. Parlant d'une catastrophe humanitaire, Moscou accuse l'armée ukrainienne, qui encercle Donetsk et Louhansk, de pilonner des zones résidentielles, ce que l'état-major nie. Le convoi de 280 camions d'aide russe était toujours bloqué samedi du côté russe de la frontière, malgré l'annonce par le Comité international de la Croix-Rouge d'un accord entre Kiev et Moscou sur les principales modalités de sa distribution à la population civile de l'est de l'Ukraine. La question du type d'escorte sécuritaire qui sera fournie au convoi n'a pas encore été tranchée, a précisé le CICR, qui supervisera la distribution de l'aide. La situation sur le terrain est particulièrement instable. De violentes explosions ont retenti samedi dans le centre de Donetsk, l'un des derniers bastions des séparatistes, selon un correspondant de Reuters sur place. Sur leur site d'informations Novorossia, les rebelles ont affirmé avoir tué 30 membres des forces gouvernementales dans la province de Louhansk, proche de la frontière. Deux villages au sud de Donetsk ont par ailleurs été bombardés au mortier et la ville elle-même a essuyé des tirs d'artillerie, ont-ils ajouté. Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne, n'a quant à lui fait état que de trois morts dans les rangs gouvernementaux au cours des dernières 24 heures et a nié tout tir d'artillerie en direction de Donetsk. RÉUNION QUADRIPARTITE DIMANCHE À BERLIN "La panique se répand et les rebelles cherchent à fuir par les rares voies possibles", a-t-il affirmé en faisant état d'informations selon lesquelles les séparatistes s'apprêteraient à quitter Donetsk. Andriy Lissenko s'est par ailleurs refusé à tout commentaire sur la destruction de blindés russes annoncée par Kiev et n'a pas précisé si les blindés pris pour cibles étaient conduits par des soldats russes ou des séparatistes. L'Union européenne a quant à elle averti que "toute action militaire unilatérale en Ukraine de la part de la Fédération de Russie (...) y compris pour des motifs humanitaires serait considérée (...) comme une violation flagrante du droit international". En visite samedi à Kiev, où il a rencontré Petro Porochenko au lendemain d'un entretien avec Vladimir Poutine, le chef de l'Etat finlandais Sauli Niinisto s'est dit confiant dans le fait qu'il serait possible d'éviter une "guerre ouverte". "Mon espoir vient du fait qu'une ligne de communication reste ouverte, ne serait-ce que par un fil", a dit le président finlandais. Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, français et allemand doivent se retrouver dimanche à Berlin pour tenter une nouvelle fois de trouver une solution à la crise. François Hollande a indiqué samedi dans un communiqué de l'Elysée que la France était disposée à organiser "un nouveau sommet dans le format Normandie pour soutenir ce processus", en allusion à la rencontre entre Petro Porochenko et Vladimir Poutine lors du 70e anniversaire du débarquement de juin 1944. Selon le dernier bilan établi dans la semaine par les Nations unies, le conflit a fait 2.086 morts et près de 5.000 blessés. (Avec Natalia Zinets et Alessandra Prentice à Kiev, Jason Bush à Moscow, Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)

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