Ukraine-Les "Quatre" demandent un renforcement de l'OSCE

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* Trêve ignorée avec la prise de Debaltseve * Les quatre pays appellent à un respect des accords de Minsk * Prochaine réunion à Berlin dans dix jours (Actualisé avec déclarations, contexte) par John Irish PARIS, 24 février (Reuters) - Moscou, Kiev, Berlin et Paris ont demandé mardi un renforcement de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) chargée de surveiller l'application du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine prévu dans le cadre des accords de Minsk 2. La trêve, qui était censée entrer en vigueur le 15 février, a été ignorée par les rebelles pro-russes qui se sont emparés le 18 février de la ville stratégique de Debaltseve, située entre les deux bastions séparatistes de Donetsk et Louhansk. Les combats, qui opposent depuis dix mois les forces ukrainiennes à la rébellion pro-russe, se sont toutefois atténués ces derniers jours, faisant renaître un timide espoir de paix, même précaire. "Nous appelons à la mise en oeuvre stricte de toutes les dispositions des accords de Minsk à commencer par un total cessez-le-feu et un retrait complet des armes lourdes", écrivent dans une déclaration commune les ministres des Affaires étrangères russe, ukrainien, français et allemand à l'issue d'un sommet à Paris. "Nous demandons le renforcement de la mission spéciale d'observation de l'OSCE et nous demandons l'extension de son mandat avec des personnels, de l'équipement, et des financements supplémentaires", ajoutent-ils. Les quatre pays du "groupe de Normandie" appellent également toutes les parties à assurer aux observateurs de l'OSCE "les accès entiers à l'ensemble des zones, à coopérer pleinement avec l'OSCE de façon à permettre à cette organisation de s'acquitter pleinement de son mandat notamment en ce qui concerne la vérification du retrait des armes lourdes". A l'issue du mini-sommet, qui a duré près de trois heures, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a qualifié les discussions d'"utiles" sans faire plus de commentaires. Son homologue ukrainien, Pavlo Klimkine, a lui regretté que la rencontre n'ait pas permis de se mettre d'accord sur une condamnation commune des événements survenus à Debaltseve. "ACCORDS MORTS" Plus de 5.000 personnes ont été tuées dans le conflit qui a ravivé les tensions entre l'Occident et la Russie, accusée de soutenir militairement la rébellion séparatiste, ce que Moscou dément. Signés le 12 février à l'issue d'une nuit de pourparlers, les accords de Minsk 2 prévoient un cessez-le-feu sur l'ensemble de la ligne de front sans exception, la poursuite du retrait des armes lourdes, le suivi par l'OSCE de ces mesures et l'accélération du processus de libération des prisonniers. "Pour nous et les Allemands, il était très important que soit solennellement réaffirmée la viabilité des accords de Minsk, alors qu'on a entendu depuis quelques jours des déclarations sur le fait que ces accords étaient morts", a indiqué un diplomate français à l'issue du mini-sommet. "Il était très important que Russes et Ukrainiens acceptent l'appel sur la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu immédiat et le retrait des armes lourdes", a ajouté cette source. Le plan de retrait établi par la commission conjointe de contrôle du cessez-le-feu, qui regroupe séparatistes et ukrainiens, est jugé "crédible et sérieux, il faut maintenant l'impulsion politique", dit cette source. Les directeurs politiques ou vice-ministres des Affaires étrangères des quatre pays doivent se retrouver à Berlin d'ici dix jours pour faire un nouveau point sur la situation. (Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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