Ukraine-Les discussions achoppent toujours sur la sécurité

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    * Réunion "franche et directe" en format Normandie à Paris 
    * Souhait d'élections dans l'Est d'ici la fin du 1er 
semestre 
    * La rencontre n'a permis aucune avancée, estime Kiev 
 
    par Marine Pennetier et John Irish 
    PARIS, 4 mars (Reuters) - La Russie, l'Ukraine, l'Allemagne 
et la France ont réaffirmé  jeudi la nécessité d'organiser des 
élections rapidement dans l'est de l'Ukraine au cours d'une 
réunion à Paris qui n'est pas parvenue à dépasser les désaccords 
entre Kiev et Moscou sur l'aspect sécuritaire.  
    Au cours de la rencontre "format Normandie" qui s'est tenue 
pendant plus de quatre heures, les ministres des Affaires 
étrangères des quatre pays ont souligné l'importance de 
l'adoption d'une loi électorale par le Parlement ukrainien. 
    "Nous avons souhaité que les élections (dans les régions 
séparatistes de l'est de l'Ukraine-NDLR) aient lieu avant la fin 
du 1er semestre 2016", a dit le chef de la diplomatie française 
Jean-Marc Ayrault lors d'une déclaration à la presse.  
    "Nous avons appelé l'OSCE (l'Organisation pour la sécurité 
et la coopération en Europe) à présenter les options concrètes 
pour une sécurisation adéquate des élections, sécurisation qui 
relève avant tout de la responsabilité des parties mais en même 
temps nous avons considéré qu'il ne pouvait pas y avoir 
d'élections si la sécurité n'était pas assurée". 
    Bien qu'apaisée, la situation demeure volatile dans le 
Donbass un an après la conclusion sous médiation 
franco-allemande des accords de Minsk dont la plupart des 
dispositions sont restées lettre morte. 
    Le gouvernement ukrainien peine à faire adopter par le 
Parlement une loi électorale pour les régions séparatistes de 
l'est du pays, et les violations de plus en plus fréquentes du 
cessez-le-feu font craindre une reprise du conflit. 
    Interrogé par Reuters pour savoir si la réunion avait permis 
des avancées, le chef de la diplomatie ukrainienne a répondu par 
la négative. 
    "Non, je n'ai pas eu ce sentiment", a déclaré Pavlo 
Klimkine. "Le point sur lequel j'ai insisté, c'est la nécessité 
d'assurer la sécurité de l'organisation des futures élections", 
avait-il dit un peu plus tôt. "Sans sécurité, on ne peut rien 
faire."  
     
    LIBÉRATION DES PRISONNIERS 
    Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui était 
présent à la réunion tout comme son homologue allemand 
Frank-Walter Steinmeier, a lui quitté le Quai d'Orsay le premier 
sans faire de déclarations à la presse.     
    Au cours de la rencontre, qui s'est déroulée dans un climat 
"direct, franc" selon les mots de Jean-Marc Ayrault, les quatre 
ministres ont également appelé à la libération et l'échange de 
tous les prisonniers et personnes détenues illégalement d'ici au 
30 avril.  
    Les parties ont été invitées à fournir à l'OSCE - chargée de 
contrôler la mise en oeuvre des accords de Minsk - "les 
informations nécessaires au suivi du retrait des armes lourdes 
et cela sans délai". 
    L'accès sans encombre de l'aide humanitaire dans les zones 
affectées par le conflit doit, lui, être garanti, a souligné 
Jean-Marc Ayrault.  
    Plus de 9.000 personnes ont été tuées depuis avril 2014 dans 
les combats qui opposent rebelles séparatistes soutenus par 
Moscou à l'armée ukrainienne dans le Donbass. 
    L'Ukraine et l'Occident accusent Moscou de soutenir 
militairement les rebelles de l'est de l'Ukraine, des 
affirmations rejetées par la Russie.  
 
 (Edité par Tangi Salaün) 
 
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