Ukraine : «Le silence de l'Europe a coûté cher au pays», selon Andreï Kourkov

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Ukraine : «Le silence de l'Europe a coûté cher au pays», selon Andreï Kourkov
Ukraine : «Le silence de l'Europe a coûté cher au pays», selon Andreï Kourkov

A 500 mètres de la place Maïdan, haut lieu de la contestation à Kiev, il a pu observer les colonnes de fumée noire s'élevant des barricades ou les manifestants déterminés affrontant les berkout  (forces antiémeute). Du 21 novembre jusqu'à mi-mars, l'Ukrainien Andrei Kourkov a raconté, avec crainte, l'évolution du mouvement pro-européen dans les pages de son «journal de Maïdan», paru fin mai. L'écrivain ukrainien de langue russe, connu notamment pour son roman Le Pingouin, revient aujourd'hui sur la situation en Ukraine. 

Quelle est la situation à Kiev aujourd'hui ?

Andrei Kourkov.Une centaine de personnes restent encore sur le Maïdan, mais la situation est normalisée dans la capitale. Il y a toutefois beaucoup d'Ukrainiens encore traumatisés par les manifestations, très violentes. Au plan national, on constate que, malgré eux, l'ex-chef de l'Etat Victor Ianoukovitch et le président russe Vladimir Poutine ont consolidé la nation. Les divisions entre le centre et l'ouest du pays, vives avant la révolte, ont disparu. Il y avait des sentiments anti-Kiev, à majorité russophone, à l'ouest du pays, très pro-européen. Désormais, les régions sont unies.

Quel est le véritable «rêve européen» des Ukrainiens qui a poussé à cette révolte ?

Pour les Ukrainiens, il n'est pas réaliste d'intégrer l'UE dans les quinze prochaines années. Ils veulent avant tout la garantie de stabilité et de paix. L'Ukraine souhaite participer à l'intégration économique européenne et Kiev a besoin d'aide européenne pour des réformes économiques et combattre la corruption. Le pays n'aspire pas non plus à une entrée dans l'OTAN et l'organisation ne le voudrait pas, car elle refuse d'avoir une zone de conflit potentiel avec la Russie.

Qu'avez-vous pensé de l'attitude de l'UE dans cette crise ?

Le silence de l'Europe a coûté cher. Lorsque la Crimée a été occupée, l'UE a mis trois semaines à réagir, les deux seuls ...

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  • mlaure13 le mardi 10 juin 2014 à 13:06

    C'est normal...c'est un remake du "silence des agneaux" !...:-)))