Ukraine-La réunion du 15 à Astana n'est pas acquise

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(Actualisé avec déclaration de Porochenko §7) PARIS/BERLIN, 5 janvier (Reuters) - L'Allemagne a exprimé des doutes lundi sur la tenue le 15 janvier d'une réunion internationale sur le conflit en Ukraine et le président français, François Hollande, a expliqué qu'il ne participerait à ces pourparlers qu'à la condition que des "avancées" soient garanties. Petro Porochenko, le président ukrainien, a annoncé le 29 décembre avoir invité ses homologues russe et français ainsi que la chancelière allemande, Angela Merkel, à des discussions à Astana, la capitale du Kazakhstan, le 15 janvier. Mais lundi, le porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, interrogé sur cette réunion, a répondu: "Je ne peux pas encore vous dire si et quand une telle réunion aura lieu. Une telle réunion n'a de sens que si nous pouvons faire de réels progrès." Avant lui, François Hollande avait exprimé la même position lors d'un entretien accordé à France Inter, tout en exprimant son optimisme. "Je vais à Astana le 15 janvier à une condition, c'est qu'il puisse y avoir de nouveaux progrès. Si c'est pour se réunir, se parler, sans qu'il y ait des avancées, ce n'est pas la peine. Mais je pense qu'il y en aura", a-t-il dit. Pour Steffen Seibert, "nous avons une idée très claire de ce qui constitue de réels progrès: il s'agirait d'abord et avant tout de parvenir à la mise en oeuvre complète de l'accord de paix de Minsk et d'un cessez-le-feu véritable et durable, d'une ligne de contact entre les zones contrôlées par l'Ukraine et par les rebelles et d'un retrait des armes lourdes". Petro Porochenko s'est lui aussi montré plus prudent lundi, déclarant que la réunion aurait lieu "si nous réussissons à élaborer un projet d'accord écrit" avant le 15 janvier. L'accord de Minsk, conclu le 5 septembre, est un protocole en 12 points censé mettre fin aux affrontements qui ont fait près de 5.000 morts dans l'est de l'Ukraine depuis avril. Mais des combats meurtriers ont régulièrement eu lieu depuis et ces dernières semaines, un échange de prisonniers a constitué le seul progrès tangible sur le terrain. Des diplomates de haut rang ukrainiens, russes, allemands et français se sont réunis à Berlin lundi et les ministres des Affaires étrangères des quatre pays ont tenu vendredi une conférence téléphonique. Angela Merkel doit rencontrer jeudi à Berlin le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk. Pour François Hollande, le président russe, Vladimir Poutine, affirme ne pas vouloir annexer l'est de l'Ukraine mais veut rester influent dans cette région et refuse l'adhésion de ce pays à l'Otan. "M. Poutine ne veut pas annexer l'est de l'Ukraine, il me l'a dit", a-t-il rapporté. "Je pourrais ne pas le croire, je vois ce qu'il a fait en Crimée. Ce qu'il veut c'est rester influent (...) que l'Ukraine ne bascule pas dans le camp de l'Otan." (Elizabeth Pineau, avec Alexandra Hudson à Berlin et Richard Balmforth à Kiev,; édité par Marc Angrand)

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