Ukraine-L'UE veut laisser du temps aux discussions de paix

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(Actualisé, application des sanctions différée) par Adrian Croft et Robin Emmott BRUXELLES, 9 février (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, ont allongé la liste de personnalités russes et de séparatistes ukrainiens visés par des sanctions mais cette mesure n'entrera pas en vigueur avant le 16 février afin de laisser du temps aux efforts de paix, a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. Cette réunion ministérielle se tient à l'avant-veille du sommet prévu à Minsk mercredi entre les présidents français, ukrainien, russe et la chancelière allemande. Laurent Fabius a souligné, en faisant allusion à la réunion de Minsk, que le principe de ces sanctions demeurait mais que leur application dépendrait des résultats sur le terrain. Nous verrons d'ici lundi prochain ce que donnera la réunion de Minsk, a ajouté le ministre français. La nouvelle liste comprend 19 personnalités (cinq Russes et 14 Ukrainiens) et neuf personnes morales, dont une seule est russe. Les noms sont tenus secrets mais le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, figurerait parmi les personnes visées, dit-on de sources diplomatiques. Les ministres ont décidé de différer l'entrée en application des sanctions pour ne pas créer de nouvelles tensions avant la rencontre de Minsk. "L'EU doit rester claire et unie pour dénoncer l'agression russe en Ukraine", a cependant souligné le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond. "Tant que la Russie n'aura pas répondu à nos demandes, nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher la pression. Il nous faut des actes, pas des mots." Pour le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, il reste beaucoup à faire pour espérer des progrès vers un accord de paix mercredi dans la capitale biélorusse. "ON NE POSE PAS D'ULTIMATUM À POUTINE" "Nous espérons que les questions en suspens pourront trouver des réponses qui feront de la rencontre de Minsk une rencontre prometteuse, et que des premiers pas pourront être faits (...) en vue d'un cessez-le-feu. Mais je veux aussi dire que cela n'est pas certain", a-t-il dit. "Je pense que nous apporterons aujourd'hui notre soutien total à l'initiative de Merkel et de Hollande (...) C'est comme cela que font les Européens, rechercher une solution politique et non militaire", a souligné la ministre suédoise, Margot Wallstrom, à son arrivée à Bruxelles. Son homologue lituanien, Linas Linkevicius, l'un des plus intransigeants envers Moscou, a dit son scepticisme sur une amélioration de la situation sur le terrain. Pour lui, si Washington décide de livrer des armes à l'armée de Kiev, comme l'idée en a été lancée, ce serait une décision "logique". "Nous espérons tous une solution diplomatique, personne ne veut la guerre, mais il faut voir ce qui se passe sur le terrain. On ne peut pas croire un seul mot des autorités russes. Nous voulons des faits vérifiables sur le terrain." A Moscou, le Kremlin a fait savoir qu'il serait inutile de tenter de poser un "ultimatum" au président Vladimir Poutine. "Personne n'a jamais parlé au président sur le ton d'un ultimatum et personne ne pourrait le faire", a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à la radio Govorit Moskva. Neuf soldats ukrainiens ont été tués et 26 autres blessés dans les combats avec les séparatistes pro-russes au cours des dernières vingt-quatre heures, a déclaré dans la matinée un porte-parole de l'armée gouvernementale ukrainienne. Les affrontements ont été particulièrement intenses dans le secteur de Debaltseve, important noeud ferroviaire et routier au nord-est de la ville de Donetsk. ID:nL5N0VJ15P (Avec Tom Koerkemeier, Philip Blenkinsop, Robert-Jan Bartunek et Foo Yun Chee; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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