Ukraine-L'UE veut assurer ses approvisionnements énergétiques

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par Henning Gloystein LONDRES, 4 septembre (Reuters) - L'Union européenne se prépare à prendre des mesures pour assurer cet hiver ses approvisionnements énergétiques si jamais la Russie, son principal fournisseur, suspend ses exportations en raison de le crise ukrainienne, selon un projet de document que Reuters a pu consulter. Parmi ces mesures, l'Union envisage d'interdire la vente hors d'Europe de gaz naturel liquéfié (GNL), d'accroître ses réserves de gaz et d'en limiter la consommation par les industriels. Des pays comme le Qatar et l'Algérie fournissent à l'UE des cargaisons de GNL, débarquées dans les ports de l'Atlantique et de la Méditerranée, mais certains acheteurs européens revendent souvent ces livraisons hors d'Europe en réalisant des bénéfices, au lieu d'alimenter leur marché intérieur. La Russie est le premier fournisseur de l'UE pour le pétrole, le charbon et le gaz naturel. A cause de la crise russo-ukrainienne, il n'est pas exclu que Moscou ferme ses gazoducs qui traverse l'Ukraine en direction de l'Union. Le groupe public russe Gazprom GAZP.MM fournit à lui seul environ un tiers de la demande européenne en gaz naturel, dont près de la moitié transite par le territoire ukrainien. Les pays de l'est de l'UE dépendent bien plus des fournitures de Gazprom que ceux de l'ouest. Certains, comme la Bulgarie et les Etats baltes, risquent même de se trouver totalement démunis cet hiver si le Kremlin décide de couper l'approvisionnement. RÉDUIRE LA DÉPENDANCE Selon les chiffres de l'UE, la Russie fournit aussi environ un tiers des besoins de l'Union en pétrole et en charbon. Avec le gaz, cela lui rapporte au total 250 milliards de dollars par an. Par trois fois ces dernières années, en raison de désaccords sur les prix, Moscou a fermé le robinet du gaz destiné à l'Ukraine - en 2006, en 2009 et en juin dernier. Cette année toutefois, le gaz destiné à l'UE continue de passer à travers le territoire ukrainien. Pour réduire sa dépendance énergétique envers la Russie, l'UE propose des mesures à long terme, comme l'accroissement des réserves de pétrole et de gaz de schiste et la mise en place de nouvelles infrastructures pour importer le gaz de Méditerranée et d'Asie centrale. La limitation du recours aux énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, couplée avec une réduction de la consommation, figure parmi les pistes étudiées. Le projet sera discuté ce mois-ci par les Etats membres et présenté au Conseil européen en octobre. Mardi, le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, a déclaré qu'il n'excluait plus "le scénario du pire" pour ce qui est de la sécurité des approvisionnements énergétiques de l'Europe en raison des "mensonges" de Vladimir Poutine. ID:nL5N0R401I (Avec Barbara Lewis à Bruxelles; Guy Kerivel pour le service français)

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  • M2784728 le jeudi 4 sept 2014 à 17:11

    Oui, les américains et les canadiens seront ravis de nous vendre leur gaz de schiste !Au fait, pour le gaz liquéfié, combien de méthanier avons-nous ? En cas de conflit avec la Russie il en restera combien au bout d'un mois ??

  • v.sasoon le jeudi 4 sept 2014 à 16:09

    le gaz russe peut transiter hors ukraine, les russes ont compris le coup lors de la derniere revolution orange. ceux qui risques sont les bulgares et le sud des balkans, c'est pour ca qu'ils veulent finir south stream.Nabuco est dans l'eau, pas de financement et pas de volontaire pour y mettre du gaz.

  • pierry5 le jeudi 4 sept 2014 à 14:39

    A oui, importer du gaz d'Asie centrale, à travers Nabucco ?? Mais en fait, où il est ce tuyau ???