Ukraine-L'Otan tient sommet pour répondre à la Russie

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* Progrès dans les pourparlers sur un cessez-le-feu * Une nouvelle force de réaction rapide pour répondre à la Russie * Paris souhaite éviter de provoquer la Russie * Hollande renonce pour l'instant à livrer un premier Mistral (Actualisé avec renoncement à la livraison d'un premier Mistral) par Julien Ponthus PARIS, 3 septembre (Reuters) - Les dirigeants des 28 pays de l'Otan doivent donner jeudi et vendredi leur feu vert à la mise en place d'une nouvelle force de réaction rapide de plusieurs milliers d'hommes pour répondre à "l'agressivité" de la Russie dans la crise ukrainienne. Les relations entre l'Alliance atlantique et Moscou se sont dégradées depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en mars dernier et les alliés accusent Vladimir Poutine de soutenir directement les séparatistes dans l'est de l'Ukraine. "Le plan de réactivité répond à l'agressivité de la Russie", a déclaré lundi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avant le sommet qui réunira les chefs d'Etat et de gouvernement alliés pour deux jours à Newport (Pays de Galles). Kiev et Moscou ont fait état mercredi de progrès sur la voie d'un arrêt des hostilités dans l'est de l'Ukraine mais la tension reste vive et donne à cette réunion des allures de sommet de l'époque de la Guerre froide, raison d'être initiale d'une alliance portée sur les fonts baptismaux en 1949. La Russie a ainsi annoncé mardi qu'elle réviserait sa doctrine militaire pour tenir compte de la menace que constitue selon elle l'Otan et qu'elle mènerait d'importants exercices militaires après que Kiev a annoncé activer sa procédure d'adhésion à l'Alliance atlantique. Plusieurs pays d'Europe de l'Est membres de l'Otan ont demandé l'envoi de soldats sur leur territoire mais cette idée a été rejetée pour respecter l'accord de 1997 avec Moscou, par lequel l'Alliance s'est engagée à ne pas maintenir en permanence d'importantes troupes de combat aux frontières de la Russie. L'Otan pourrait toutefois entreposer du matériel, des munitions et du carburant dans ces pays, ce qui permettrait aux soldats de la nouvelle force de réaction rapide de l'Otan actuellement débattue par les alliés de "voyager léger mais de frapper fort, si nécessaire", a souligné Anders Fogh Rasmussen. Barack Obama a effectué mercredi un déplacement en Estonie pour assurer aux pays baltes, qui abritent de nombreuses communautés russes, que l'Alliance atlantique était déterminée à préserver leur sécurité en vertu de l'article 5 du traité, qui oblige l'Otan à réagir si un de ses membres est attaqué. PAS DE MISTRAL POUR L'INSTANT Mais pour certains pays comme la France, le sommet ne doit surtout pas jeter de l'huile sur le feu. "L'idée de tout le monde c'est que, dans cette séquence, l'Otan soit une force d'apaisement, de réassurance", dit-on de source française, précisant qu'il s'agira de rassurer les alliés de l'Est tout en se gardant de provoquer Moscou. "L'Otan, sa composition, ses positions, son action ne doivent pas servir à augmenter la tension dans le climat qui existe autour de l'Ukraine. La question de l'adhésion de l'Ukraine ne se pose pas, ne se posera pas", souligne un diplomate français alors que le président américain a dit mercredi ne pas vouloir l'exclure. Mais François Hollande a choisi mercredi de renoncer pour l'instant à livrer un premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie en raison de ses "actions" en Ukraine. ID:nL5N0R44IK Le premier des deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral devait être livré en octobre et 400 marins russes se forment depuis le 30 juin à sa manoeuvre dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). "Le président de la République a constaté que, malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en oeuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC ne sont pas à ce jour réunies", peut-on lire dans un communiqué de la présidence. François Hollande avait pourtant toujours dit jusqu'à présent que le contrat serait honoré, malgré la pression des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des anciens satellites de l'URSS, même si la livraison du deuxième BPC, prévue en 2015, dépendra, avait-il dit, de "l'attitude" de Moscou. Pour Etienne de Durand, directeur du centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (Ifri), l'Otan doit agir sous peine de perdre sa crédibilité. "Si l'Otan ne réagit pas sur son terrain politico-militaire, là, cela sera un sommet historique pour l'Otan, au sens où cela sera probablement la fin de l'Otan", explique l'analyste pour qui toutefois "on ne va pas redésigner la Russie comme ennemi". "Cela sera forcément un compromis, avec les pays qui espèrent toujours pouvoir négocier avec la Russie même si ces pays-là commencent à être découragés", conclut le chercheur. (Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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