Ukraine-Gouvernement et rebelles s'accusent mutuellement

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MOSCOU, 12 août (Reuters) - Les autorités ukrainiennes et les séparatistes pro-russes de l'est du pays se sont mutuellement accusés mercredi de violer les accords de cessez-le-feu signé en février dernier, un chef de file des rebelles allant même jusqu'à faire planer la menace d'une "guerre d'envergure". Ces derniers jours, les deux parties ont lancé des accusations dirigées contre le camp adverse: lundi, Kiev a accusé les rebelles d'avoir procédé à des tirs d'artillerie d'une intensité sans précédent depuis février. Les séparatistes ont démenti toute offensive et accusé en retour les forces gouvernementales de bombardements intensifs contre leurs positions en violation des accords de Minsk, qui étaient censés mettre un terme au conflit. "Malheureusement, nous pouvons voir la limite au respect des accords de Minsk de la part de Kiev. Malheureusement, nous assistons à des provocations de la part de Kiev", a déclaré mercredi le commandant séparatiste Denis Pouchiline. "Il est probable que le gouvernement de Kiev soit conscient que, si le processus de Minsk prend fin comme c'est le cas actuellement, on va vers la guerre. Pas seulement dans le Donbass (région de l'est de l'Ukraine, NDLR), mais peut-être vers une guerre d'envergure", a-t-il ajouté. Ivica Dacic, président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a jugé mardi que les derniers développements dans l'est de l'Ukraine étaient "alarmants" et appelé les deux parties à respecter la trêve. L'organisation, qui a pour tâche de superviser la situation, a fait état d'un accroissement du nombre de violations des accords, en particulier dans les régions qui se trouvent à l'est et au nord de la ville de Marioupol. "Tous ces cas fournissent des exemples de la façon dont le camp russe, ainsi que Donetsk et Louhansk, tentent de faire dérailler les accords de Minsk", a estimé mercredi le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine. Les troupes gouvernementales renforcent actuellement leurs défenses dans les zones de conflit avec de nouvelles armes et de nouveaux équipements, a fait savoir Oleksander Tourtchinov, secrétaire du conseil national de défense et de sécurité. Les hostilités ont éclaté en avril 2014 lorsque des insurgés ont pris les armes dans les zones majoritairement russophones pour s'opposer au gouvernement considéré comme pro-occidental. Les accords de Minsk prévoyaient, outre un cessez-le-feu entre les forces ukrainiennes et les séparatistes, le retrait des armes lourdes de la ligne de front et une réforme constitutionnelle accordant plus d'autonomie à l'est de l'Ukraine. (Bureau de Moscou, avec Natalia Zinets à Kiev; Simon Carraud pour le service français)

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