Ukraine et Ecosse inquiètent les investisseurs allemands

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L'INDICE ZEW EN ALLEMAGNE
L'INDICE ZEW EN ALLEMAGNE

MANNHEIM Allemagne (Reuters) - Le moral des analystes et des investisseurs en Allemagne est tombé en septembre à son plus bas niveau depuis décembre 2012, signe que la crise en Ukraine et l'incertitude sur l'avenir de l'Ecosse pèsent sur la conjoncture de la première économie d'Europe.

En baisse pour le neuvième mois consécutif, l'indice du sentiment des investisseurs calculé par l'institut ZEW a reculé à 6,9 après 8,6 en août; il dépasse toutefois le consensus établi par Reuters, qui le donnait à 4,8.

Pour Frieder Mokinski, économiste du ZEW, les conséquences du référendum de jeudi sur l'indépendance de l'Ecosse suscitent l'inquiétude en Allemagne, dont le Royaume-Uni est le troisième débouché à l'exportation.

"Le ZEW allemand constitue un nouveau signe de prudence montrant que les acteurs des marchés financiers en tout cas sont en train de perdre confiance dans le scénario de croissance en Allemagne", estime pour sa part Carsten Brzeski, économiste senior d'ING.

"La montée de l'incertitude résulte des tensions géopolitiques, de la crise en Ukraine, de l'impact économique des sanctions et des possibles mesures de rétorsion commerciales ainsi que du ralentissement général des marchés émergents."

L'économie allemande, après avoir bénéficié en début d'année d'un hiver inhabituellement doux favorable à l'activité dans la construction, s'est contractée de 0,2% au deuxième trimestre, ce qui a ravivé les craintes de récession.

Plusieurs enquêtes de conjoncture ont suggéré récemment une dégradation du climat des affaires et un ralentissement de la croissance du secteur privé mais d'autres indicateurs, comme les commandes à l'industrie, la production industrielle ou la balance commerciale, ont sensiblement progressé en juillet.

SOULAGEMENT APRÈS LA BCE

L'OCDE a abaissé lundi sa prévision de croissance pour l'Allemagne cette année à 1,5%, contre 1,9% auparavant. Le gouvernement d'Angela Merkel maintient pour l'instant une prévision de 1,8% mais selon plusieurs sources, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré que cet objectif pourrait ne pas être atteint.

Pour Clemens Fuest, chef économiste de l'institut ZEW, la dégradation de l'indice du sentiment des investisseurs a nettement ralenti mais le climat économique demeure incertain en raison de la faiblesse persistante de l'activité dans la zone euro et des risques liés à la spirale des sanctions entre la Russie et l'Occident.

De son côté, Frieder Mokinski évoque les incertitudes portant sur les répercussions du référendum écossais, notamment sur la monnaie qu'utiliserait l'Ecosse si ses électeurs choisissaient l'indépendance.

"Est-ce qu'ils vont tenter de rejoindre l'Union européenne? Qu'est-ce que cela signifiera pour d'autres régions qui pensent à faire sécession, comme la Catalogne et d'autres? Il y beaucoup d'incertitudes", a-t-il dit.

Frieder Mokinski a toutefois ajouté que le sentiment des investisseurs s'était nettement amélioré après l'annonce au début du mois par la Banque centrale européenne (BCE) d'une baisse de ses taux directeurs et d'un plan d'achats de prêts titrisés censé favoriser le crédit aux entreprises.

Un sous-indice de la situation actuelle a chuté à 25,4 - son plus bas niveau depuis août 2013 - contre 44,3 le mois dernier et 40,0 attendu. La plus basse des estimations recueillies par Reuters le donnait à 30,0.

L'indice de septembre a été calculé sur la base d'une enquête auprès de 234 analystes et investisseurs menée entre le 1er et le 15 septembre.

(Kirsti Knolle et Eva Taylor, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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