Ugo Mola : " Une dernière ligne droite qu'il faudra bien négocier "

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Toulouse et Ugo Mola entament le dernier tiers du championnat, sans doublon, lors duquel ils espèrent enfin entrer dans une spirale positive, une chose importante dans un championnat très relevé. Le public sera déterminant pour le technicien haut-garonnais.

Ugo Mola, est-ce que ce match face au Stade Français lance la lutte finale pour la qualification en vue des phases finales ?
Avec les contestations qu’il y a avec la loi du travail, attention (sourire)... Si c’est une lutte, cela reste feutré, nous sommes tout de même dans de bonnes conditions. Sportifs ou entraîneurs professionnels, nous n’avons pas les mêmes considérations, nous sommes plutôt bien lotis. Oui, nous attaquons la troisième partie de la saison avec un premier tiers plutôt positif sur le plan comptable. Un deuxième tiers qui laisse des regrets et qui nous a un peu mis à l’arrêt. La troisième partie donnera le ton de la saison qui, je l’espère, nous permettra de nous qualifier et d’être dans ces fameuses six places tant convoitées. Je crois qu’il n’y a jamais eu autant de prétendants potentiels et capables d’être dans ces six équipes. Donc oui, c’est une dernière ligne droite qu’il faudra bien négocier.

Avec la chute du club au classement, y a-t-il plus de pression mise sur les joueurs ?
Je crois que nous avions durement gagné le confort en début de saison en étant plutôt positifs sur nos rencontres à domicile, en prenant souvent le bonus offensif chez nous et en remportant deux rencontres à l’extérieur. En provoquant les choses, nous avions réussi à avoir un petit matelas confortable qui nous mettait premier ex-aequo avant le début du Tournoi. Après, l’enchaînement des éléments, des faits de jeu, de l’arbitrage, des choses qui font que notre rugby est aussi palpitant, que l’aléa reste toujours important... Nous sommes dans une situation où nous avons perdu un peu de terrain. Il y a quelques contre-performances décevantes sur lesquelles il faut qu’on se remette en question. Il faut aussi être en mesure de regarder devant et le match d’après, et se focaliser sur l’adversaire, mais surtout sur nous pour être en mesure d’être très vite performants et réalistes, ce qui nous a manqué ces derniers temps.

C’est à l’image du carton rouge reçu par Talalei Gray dimanche face à Clermont...
Oui cela reste un manque de maîtrise de notre part avant, peut-être, la dureté de la décision. Mais, encore une fois, nous sommes à la merci des décisions d’un homme sur le terrain, d’un arbitre vidéo, de touche voire même de la commission de citation... puisque nous avons été cités suite à un match assez âpre et seul le Stade Toulousain a été cité. Mais la première erreur est de notre part. Comme quand un buteur loupe une transformation, avant que les joueurs enfreignent la règle, la première erreur est de notre part aussi. Nous ne nous cherchons pas d’excuses ni de faux-semblants, nous allons travailler pour être en mesure d’être compétitifs très vite face à un Stade Français qui arrive lui aussi avec beaucoup de forces vives. Ils vont récupérer beaucoup de joueurs.

Ugo Mola ne veut pas de désunion

Où sera le déclic pour sortir de cette spirale négative ?
Nous essayons de rompre avec la routine depuis quelques temps. Nous essayons aussi de travailler des situations qui nous permettraient d’être beaucoup plus réalistes, à l’image de ce qu’on a fait ce week-end avec des ballons portés qui se traduisent quasiment par nos deux premiers essais. Quand tous nos concurrents tournent autour de 15 ou 20 essais dans ce secteur, nous en étions à un. Donc nous avons mis cela à l’ordre du jour, tant mieux. C’est une très bonne nouvelle, comme quoi le travail effectué avec les avants a été efficace depuis quelques jours, quelques semaines. Pourvu que cela dure car quand un secteur va bien, d’un week-end à l’autre, cela peut être vite remis en cause. Pourvu que nous ayons cette arme-là, comme celle des buteurs. Là, vous allez me dire que nous pouvons difficilement faire pire... A un moment ou un autre, ils vont aussi retrouver le chemin des poteaux ou du moins entre les poteaux. Il faut bien entendu ne pas se désunir car c’est la pire des choses qui pourraient nous arriver. Il ne faut pas que chacun essaie de sauver la patrie et qu’on essaie plus de répondre collectivement.

Le match contre le Stade Français est-il un tournant dans la saison ?
Il ne faut pas rendre le match plus important que ce qu’il n’est, mais il a de l’importance symbolique, bien évidemment, mais comptable surtout. Ce fameux « Classico » laisse augurer encore une fois un brin de nostalgie dans le sens où les derniers matchs ont été à chaque fois à l’image de notre dernière rencontre à Paris, cela s’est joué sur pas grand-chose, sur deux arbitrages vidéo qui nous ont pas été favorables, voire même trois au fil du match, avec aussi un petit peu de manque de réussite, un poteau. Donc nous espérons juste être à la hauteur de l’évènement sachant qu’il restera sept journées derrière pour emmagasiner le plus grand nombre de points.

Le soutien du public, élément déterminant

Est-ce que les internationaux seront sur la feuille de match dimanche ?
Je le souhaite. Après, l’équipe de France n’a pas ménagé nos joueurs donc ils arrivent dans un état qu’il faudra évaluer, et aussi en fonction des performances que nous avons eues, en interne en l’absence de nos internationaux avec des garçons qui se sont très bien comportés à certains endroits. Nous essaierons d’intégrer le plus grand nombre d’internationaux mais, au-delà de cela, il y a des blessures qui m’inquiètent un peu plus, notamment celles à Clermont-Ferrand et celles du week-end passé. 

Est-ce le bon moment pour faire basculer du bon côté ce qui n’est pas maîtrisable ?
Oui, car l’engouement qui a pu avoir lieu lors de notre match contre Toulon (au Stadium de Toulouse également, ndlr) a été bénéfique et très certainement positif sur le rendu et la performance des joueurs. Je crois que nous sous-estimons parfois l’importance d’un public et le poids que peut avoir un stade chaud bouillant avec des supporters derrière leur équipe. On le voit dans certains endroits. La Rochelle réalise des performances où nous aurions tendance à croire qu’elle se démultiplie chez elle, alors qu’elle est un peu plus modérée à l’extérieur. Le poids du public est très important. La chance et la malchance que nous avons à Toulouse, c’est que nous ne bernerons pas les gens car ils connaissent le rugby. Nous ne pourrons pas leur raconter n’importe quoi. Ils sont suffisamment avertis et connaisseurs. Nous sommes plus proches d’un public d’aficionados de tauromachie que des stades que j’ai pu connaître dans d’autres villes. Nous avons besoin d’eux et je crois qu’ils ont répondu présents sur les matchs de Montpellier et Bordeaux sur des fins de matchs qui auraient pu tourner en notre faveur mais où, malheureusement, il nous a manqué quelque chose, des forces vives même si le match de Bordeaux n’était pas perdu.

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