Ugo Mola : « Beaucoup de regrets »

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Le Stade Toulousain a subi une rageante défaite en barrage face au Racing 92 (16-21). Ugo Mola est apparu forcément déçu en conférence de presse. Pour lui, il y avait la place pour son équipe de l’emporter.

Ugo Mola, quel est votre état d’esprit après cette cruelle élimination ? Laissez-moi le temps de digérer cette défaite. Toute déconvenue est souvent porteuse de réflexion. On va très rapidement se focaliser sur ce qui va arriver par la suite. On va prendre le temps de bien analyser les choses mais c’est dommage de buter sur un match à élimination directe où il y avait la place de l’emporter ce soir. Avec un peu plus de maîtrise notamment en première mi-temps, je pense que nous aurions pu être encore plus difficiles à battre. Vous avez été beaucoup pénalisés... Le problème est qu’on court après le score. Malgré notre retour à deux points à la 70eme minute, nous sommes encore derrière. Malheureusement nous n’avons pas su inverser la tendance et obliger le Racing 92 à se découvrir, chose qu’ils ne font pas trop souvent. Le Racing 92 pratique un rugby efficace à l’image de Dan Carter qui fait un 100%. Nous savions à quoi nous en tenir. On savait qu’on ne serait pas baladés d’un côté à l’autre et que la guerre des rucks serait forte et que la conquête serait compliquée. Un match sans surprise. La seule surprise, c’est notre manque de justesse en début de match. Nous voulions vraiment laisser l’émotion de côté et je nous ai sentis trop fébriles. Au moment où nous avons remis les idées en place, nous avons été performants même s’il a manqué deux ou trois minutes à la fin. Vous avez vraiment tenté votre va-tout en fin de match... En seconde mi-temps, nous maîtrisons mieux notre rugby, nous avons plus de ballons et nous remportons nos duels et nous jouons un peu plus debout. C’est un match un peu terne sur l’ensemble de la rencontre. Nous allons de touche en mêlée. C’est un match qui ne nous convient pas. Nous avons l’envie de déplacer le ballon mais il faut à un moment donné être capable de le tenir. Nous n’avons pas su le faire sur la première partie du match, dès que nous avions été en mesure de le faire, nous avons été plus dangereux.

Ugo Mola : « Il faut vite penser à la saison prochaine »

Que pensez-vous de votre dernier choix de prendre la mêlée au lieu de la touche ? Il y a toujours le risque, c’est un choix. Je pense qu’il y a une petite incompréhension sur le fait que nous demandons mêlée pensant que la pénalité est à 5 mètres, finalement on se la voit reculer. Du coup il n’y avait plus d’intérêt mais c’était trop tard. La décision était prise. C’est souvent anecdotique quand tu gagnes. Mais quand tu perds, c’est lourd de conséquences. Ce match couperet est un échec. Nous savons après que ce n’était pas chose aisée de venir jouer au Racing 92 contrairement à ce qui a été dit. Échouer aussi près laisse beaucoup de regrets. On a vu sortir le jeune pilier droit sur blessure. Étiez-vous surpris ? C’est de bonne guerre, d’autres l’ont fait. Entre les protocoles commotion qui n’existent pas et les blessures. Franchement cela ne se joue pas à cela non plus. Il y a des gens pour légiférés. Apparemment, nous aurons des règles draconiennes en début de saison, elles se dilueront comme le reste. Qui voyez-vous aller en finale entre le Racing et Clermont ? Le jeu du Racing, vous l’avez vu lors de leur campagne européenne lors des matchs qui comptent, c’est une équipe qui ne s’expose pas, m ais qui maîtrise vraiment les fondamentaux, donc il faut reconnaître que c’est très efficace. Mais si Clermont arrive à avoir les ballons c’est une équipe aussi dangereuse... Mais je ne vous cache pas que j’ai laissé les pronostics pour les autres. Maintenant je vais penser à prendre un peu de repos et réfléchir à comment on va aborder le fait qu’une flopée d’internationaux vont partir en tournée. Il faudra récupérer vite pour penser à la saison prochaine. Quel est votre avis sur un joueur comme Gael Fickou ? Gaël c’est un grand joueur. Jeune joueur, mais d’ores et déjà un grand joueur. En mettant un peu plus d’ordre dans ses choix et ses initiatives il est très certainement un des meilleurs trois quarts du rugby français. Ce match signifiait aussi la fin d’Imanol Harinordoquy ? Il y en avait d’autres, Clément (Poitrenaud) aussi. J’aurais eu la chance d’entraîner des joueurs comme ça, qui ne laissent pas indifférent, qui nous permettent aussi de faire évoluer les choses. Imanol nous a permis de faire évoluer notre rugby, c’est un garçon qui a beaucoup amené au Stade Toulousain. Vincent (Clerc) aussi est un exemple et il le prouvera encore lors de sa prochaine saison, on a des garçons comme Clément qui symbolisent le Stade Toulousain : chacun a eu sa période, son importance et des moments où ils ont pesé dans le club. C’est la fin d’une génération qui malheureusement a été titrée de manière un peu trop lointaine maintenant et on espérait beaucoup sur ce match pour passer et jouer notre vatout sur la fin de championnat. Ce n’est pas le cas et dans la vie il n’y a pas que le rugby mais ces garçons-là auront marqué le rugby français c’est sûr. Quel est le bilan depuis votre prise de fonction ? On n’avait pas la sensation de construire mais plutôt d’être dans l’urgence : je suis arrivé tardivement au club, on avait des choses à mettre en place, mais cette Coupe du monde a été compliquée à gérer, avec des choses qui ont plus ou moins fonctionné. Mais si ça n’avait pas été moi, il fallait bien que quelq’un s’y colle et s’y cogne. Il y a du boulot et pour repartir sur une nouvelle ère il faut reconstruire. Malheureusement, j’espérais finir tout de même beaucoup mieux qu’avec la prestation de ce soir. [fpvideo mediaid='digiteka' url='http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01571056/zone/1/showtitle/1/src/uxskps']
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