UFC-Que Choisir dénonce des augmentations abusives des tarifs de La Poste

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La hausse des tarifs est mise en cause par l'association. (IKO/shutterstock.com)
La hausse des tarifs est mise en cause par l'association. (IKO/shutterstock.com)

(AFP) - L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a vivement critiqué lundi les hausses très supérieures à l'inflation des tarifs de La Poste, injustifiées selon l'association alors que la qualité du service ne suit pas.

Les tarifs des prestations du service universel auront augmenté de 33% de 2005 à 2016, soit deux fois plus que l'inflation (16%), dénonce l'association, qui note en particulier que les timbres destinés aux consommateurs auront augmenté de 39,6% depuis 2008 au 1er janvier prochain, soit cinq fois plus que l'inflation et beaucoup plus que les services destinés aux entreprises.

"Avec une telle augmentation des prix, les usagers pourraient s'attendre à une amélioration de la qualité. Mais cette attente est vaine", a indiqué le président d'UFC-Que Choisir, Alain Bazot, à des journalistes.

Des enquêteurs ont en particulier envoyé des colis de 2,3 kg avec remise contre signature, indiquant souhaiter l'offre la moins chère. Dans 71% des cas, ils ont été orientés au guichet vers une offre plus chère, et 12% des paquets sont arrivés en retard (avec parfois 8 jours d'attente), a relevé l'association.

Quant aux performances des lettres prioritaires --qui, avec des timbres rouges, sont censées arriver à J+1--, elles sont selon les chiffres compilés par UFC-Que Choisir bien inférieures aux voisins européens.

"On a quand même le sentiment qu'il y a une bienveillance, voire une complicité de l'État sur cet aspect", a noté M. Bazot, qui dénonce "un abandon total d'ambition pour le timbre rouge au profit du timbre vert" (livraison à J+2) et se demande si le service n'est pas dégradé à dessein, pour mieux pouvoir l'abandonner, faute de clients.

"Tout cela n'est pas fortuit, on est en train de préparer un argumentaire pour dégrader le périmètre du service universel" de La Poste avec potentiellement une disparition de la lettre prioritaire ou un abandon de la livraison du courrier le samedi, a ajouté le responsable.

"Or de telles évolutions basées sur des données non conformes à la réalité ne sauraient être acceptées par les consommateurs", souligne UFC-Que Choisir. L'association demande à l'État "de relever le niveau d'exigence vis-à-vis de La Poste, afin de garantir aux consommateurs qu'en contrepartie des hausses tarifaires déjà pratiquées ils puissent obtenir une amélioration réelle et légitime de la qualité du service".

"La Poste ne demande aucune évolution du périmètre du SU" (service universel), a répondu l'entreprise publique dans un courriel adressé à l'AFP.

"L'encadrement pluriannuel des tarifs est un levier adéquat, à côté des autres efforts en matière de conquête commerciale et d'adaptations des organisations, pour répondre à la baisse structurelle des volumes de courrier", a-t-elle ajouté, rappelant que les évolutions tarifaires et les règles d'allocations des coûts du service universel sont définies et contrôlées par l'Arcep, l'autorité de régulation.

"Les guichetiers ont pour mission de cerner au mieux les besoins de leurs clients pour leur proposer l'offre qui correspond bien", affirme La Poste, qui note que seulement 9% des paquets concernés par l'essai d'UFC-Que Choisir n'ont pas été livrés à J+2 en 2014.

Quant à la lettre prioritaire, ajoute-t-elle, "les objectifs (....) sont ambitieux".

"Par rapport aux autres pays cités, le territoire français est le plus étendu, moyennement dense. Ce sont des caractéristiques très contraignantes pour la distribution postale, notamment en J+1", explique-t-elle.

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