UFC juge l'impact économique du chauffage électrique désastreux

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PARIS (Reuters) - L'impact économique du chauffage électrique en France est "désastreux" et démontre l'urgence d'une véritable transition énergétique, a dénoncé mardi l'UFC-Que choisir dans une étude publiée deux jours avant le lancement du débat sur l'énergie.

L'association de consommateurs souligne que, pour des raisons historiques, les foyers français sont suréquipés en radiateurs électriques, qui chauffent un tiers des logements.

"C'est une singularité, une spécificité française. C'est d'autant plus un sujet que le prix de l'électricité est évidemment une préoccupation des Français", a dit Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, soulignant que les hausses de prix devraient s'accentuer dans les prochaines années.

La facture d'électricité des Français devrait bondir de 50% d'ici 2020, selon un récent rapport du Sénat.

Le coût du chauffage électrique - payé par l'ensemble des consommateurs - atteint des niveaux très élevés pendant les périodes de froid, auxquelles la France est très sensible, rappelle l'UFC-Que Choisir.

En hiver, chaque fois que la température extérieure baisse d'un degré, la consommation d'électricité augmente de 2.300 mégawatts (MW), soit l'équivalent de la consommation électrique d'une ville comme Marseille.

Pendant cette période, le prix de l'électricité peut atteindre 3.000 euros le mégawattheure, contre 50 euros environ en temps normal, dit l'association, sans préciser le surcoût total annuel pour les consommateurs.

RADIATEURS "GRILLE-PAIN"

"Une réflexion sur ce choix technologique s'impose et il est important de faire entendre la voix oubliée des consommateurs", ajoute Alain Bazot, rappelant que ces derniers ne seront pas représentés au débat sur l'énergie qui doit être lancé jeudi.

Les radiateurs électriques chauffent 8 millions de foyers français, les gouvernements successifs ayant favorisé leur installation afin que cette demande vienne équilibrer la production des 58 réacteurs du parc nucléaire.

Pour rétablir durablement la situation, l'UFC-Que Choisir, qui dénonce l'existence radiateurs qui fonctionnent comme des "grille-pain" dans certains logements, réclame une rénovation thermique du parc français, vieillissant et mal isolé.

"Ce qui caractérise le parc actuel, c'est que les logements sont aussi anciens qu'énergivores : 46% sont classés entre E et I (dans le diagnostic de performance énergétique, allant de A à G)" dit Alain Bazot.

Environ 9 millions de Français sont touchés par la précarité énergétique. Ils consacrent au moins de 10% de leur revenus à leurs factures d'énergie et sont parfois contraints de baisser voire de couper les radiateurs pour économiser.

Le gouvernement s'est engagé a lancer en 2013 un vaste plan de rénovation thermique des logements, déjà promis par la précédente majorité.

Un texte sur la tarification progressive de l'énergie, qui comprenait des mesures d'urgence pour lutter contre la précarité énergétique, a été rejeté par le Sénat fin octobre.

Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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