UE/Visas-Ankara propose de mettre de côté la loi antiterroriste

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    STRASBOURG, 12 octobre (Reuters) - La Turquie propose à la 
Commission européenne de renoncer provisoirement à son exigence 
d'une modification de sa loi antiterroriste pour débloquer 
l'accord sur une exemption de visas pour ses citoyens, dans 
l'attente d'une normalisation de sa situation intérieure. 
    Celle-ci ne le permet pas, a déclaré mercredi à Strasbourg 
le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, en 
soulignant que son pays devait prolonger de trois mois l'état 
d'urgence proclamé au lendemain de la tentative de coup d'Etat 
du 15 juillet. 
    La Turquie a rempli 67 des 72 critères exigés par l'UE pour 
cette exemption de visas, dont l'obtention fait partie, avec une 
aide financière, de l'accord conclu en mars sur la réadmission 
par Ankara des milliers de migrants réfugiés en Grèce et le 
contrôle de sa frontière entre les deux pays. 
    "Nous avons dit que nous étions d'accord pour remplir quatre 
des critères manquants mais pour ce qui est de la loi sur le 
terrorisme, nous avons été très clairs avec l'Union européenne 
pour dire que nous ne pouvions rien faire", a dit Mevlut 
Cavusoglu à des journalistes, lors d'une visite au Conseil de 
l'Europe. 
    "C'est particulièrement exclu après la tentative de coup 
d'Etat, mais dès que l'atmosphère sera meilleure, la Turquie est 
prête, bien sûr, à remplir tous les critères", a-t-il ajouté. 
    La Commission européenne demande à la Turquie de restreindre 
la définition légale du terrorisme dont elle estime, avec la 
Commission de Venise, un organe consultatif du Conseil de 
l'Europe, qu'elle permet actuellement de poursuivre également 
des opposants non violents. 
    Le ministre, qui fut président de l'Assemblée parlementaire 
du Conseil de l'Europe, lui propose de laisser au Conseil de 
l'Europe le soin de trancher la question, le moment venu. 
    "L'idée leur plaît. Nous ne disons pas que c'est à prendre 
ou à laisser, mais 'regardez, voici la situation'. Dans ce cas, 
il vaut mieux laisser de côté cette question et la confier au 
Conseil de l'Europe qui est très efficace", a expliqué Mevlut 
Cavusoglu. 
    L'exemption des visas pour les citoyens turcs devait 
initialement intervenir le 1er octobre. 
    "Nous attendons la réponse de la Commission européenne. Nous 
sommes patients, mais notre patience n'est pas illimitée. C'est 
la nature de l'accord, soit nous mettons tous ses éléments en 
oeuvre, soit nous laissons tout sur le bas-côté", a ajouté le 
ministre. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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