UE-Vers un accord franco-allemand sur l'investissement

le
0

* Pas de "pacte" mais des gages réciproques * L'Allemagne prêt à s'engager sur les investissements (Actualisé avec déclarations) par Jean-Baptiste Vey BERLIN, 20 octobre (Reuters) - Paris et Berlin se sont engagés lundi à adopter des propositions communes pour stimuler les investissements dans une Union européenne menacée par une panne de croissance, démentant l'existence d'un "pacte" franco-allemand pour permettre à la France d'échapper à des sanctions européennes. Les ministres allemand et français des Finances, Wolfgang Schäuble et Michel Sapin, se sont rencontrés à Berlin en compagnie des ministres de l'Economie des deux pays, Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron, à l'orée d'une séquence cruciale. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se réunissent en fin de semaine à Bruxelles avant que la Commission européenne se penche sur le projet de budget 2015 de la France. Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Paris et Berlin mettent au point un accord par lequel la France s'engagerait à fournir à Bruxelles une feuille de route détaillée en matière de réduction de déficit et de réformes structurelles. En échange, Berlin s'opposerait à l'adoption d'éventuelles sanctions que pourrait proposer la Commission européenne à l'encontre de la France qui a reconnu qu'elle ne respecterait pas son engagement à ramener son déficit public sous le seuil de 3% du PIB l'an prochain. Le projet de loi de Finances 2015 prévoit un déficit public de 4,3%. "Il n'y a pas de pacte, nous ne cherchons pas un pacte, nous cherchons simplement à ce que chacun d'entre nous prenne ses responsabilités", a déclaré Michel Sapin lors d'une conférence de presse à Berlin avec ses homologues allemands. Mais les deux pays se sont donné des gages. L'Allemagne, pressée par la France de relancer ses investissements pour doper une croissance qui fléchit aussi fortement chez elle, s'est engagée à présenter avec Paris des propositions communes sur le sujet d'ici le 1er décembre, date d'un conseil des ministres franco-allemand. "Nous allons travailler d'arrache-pied à la préparation des rencontres qui auront lieu au cours des semaines et des mois qui viennent", a précisé Wolfgang Schäuble. REFORMES ET CROISSANCE Michel Sapin a précisé que Paris et Berlin comptaient proposer des pistes communes sur l'investissement à leurs partenaires européens, dans un esprit de coopération. "Nos croissances sont anémiées et nous devons réagir", a renchéri Emmanuel Macron. "Sans une action concertée très forte et extrêmement responsable de la France et de l'Allemagne, nous ne serions pas spontanément à la hauteur des événements." Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a proposé un plan d'investissement dans les infrastructures de 300 milliards de dollars au niveau européen mais les propositions franco-allemandes iraient au-delà, par le biais de décisions nationales concertées. Mais, tant du côté allemand que français, on insiste sur le fait que c'est l'investissement privé qui est la clé. Le ministre français de l'Economie a évoqué "des projets et des modalités, par secteur, éventuellement des projets communs et des idées communes pour des projets européens" pour le document franco-allemand qui sera présenté le 1er décembre. Même si, officiellement, il n'y a pas de "pacte", la partie française s'est engagée à mener des réformes de structure et à réduire les déficits à un rythme soutenable. La France ne demande "aucune modification des règles" mais de les appliquer "dans le contexte économique d'aujourd'hui", a dit Michel Sapin, selon qui les règles du pacte de stabilité de l'euro "sont intelligentes". Pour le ministre social-démocrate de l'Economie allemande, Sigmar Gabriel, réformes et croissance doivent aller de pair. "Nous sommes tous persuadés que l'Europe n'aura sa chance que si les nécessaires réformes structurelles sont accompagnées par la croissance", a-t-il dit en mettant en garde contre des investissements qui "disparaissent dans l'air" : "Nous devons investir dans la compétitivité." (Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux