UE-Strasbourg veut mobiliser le net contre la radicalisation

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    STRASBOURG, 25 novembre (Reuters) - Le Parlement européen 
demande que des poursuites pénales puissent être engagées contre 
les fournisseurs d'accès ou de services internet lorsque ceux-ci 
refusent d'effacer, à la demande d'une autorité judiciaire ou 
administrative, des contenus faisant l'apologie du terrorisme. 
    Ces mêmes acteurs devraient au contraire coopérer avec les 
Etats dans la lutte contre ce phénomène en participant à la 
diffusion de messages de prévention " faisant appel au 
développement du sens critique", affirme une résolution sur la 
prévention de la radicalisation adoptée mercredi à Strasbourg. 
    "Internet est devenu le premier camp d'entraînement virtuel 
de ces terroristes radicaux", a estimé Rachida Dati, eurodéputée 
Les Républicains et rapporteur de ce texte dont l'adoption 
survient dix jours après les attentats de Paris. 
    L'autre terrain d'endoctrinement auquel l'ancien ministre 
française de la Justice invite les Vingt-Huit à s'intéresser est 
la prison, un lieu "sur lequel nous avons trop longtemps fermé 
les yeux", dit-elle. 
    Le rapport appelle les Etats à "prendre des mesures 
immédiates contre la surpopulation carcérale" jugée propice à la 
radicalisation. Il propose une mise à l'écart des détenus "ayant 
adhéré à l'extrémisme violent", mais au cas par cas, et sur 
décision judiciaire. 
    Les députés demandent "un contrôle systématique et 
obligatoire" aux frontières extérieures de l'UE et le placement 
sous contrôle judiciaire ou en rétention administrative de toute 
personne partie combattre à l'étranger lors de son retour sur le 
territoire européen. 
    Ils affirment l'engagement du Parlement à adopter d'ici la 
fin de l'année la directive sur l'enregistrement des données des 
passagers du trafic aérien (PNR), conformément aux souhaits des 
Etats et notamment de la France. 
    Pomme de discorde entre la gauche et la droite ou entre les 
tenants de la sécurité et ceux de la protection des données 
personnelles, qui se renvoient la responsabilité du retard pris 
par ce dossier, ouvert depuis 2011, le sujet a, cette fois, 
presque fait consensus. 
    Ce passage de la résolution a été adopté par 515 voix contre 
152 et 23 abstentions. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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