UE-Strasbourg s'alarme de la situation de la presse en Turquie

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    STRASBOURG, 27 octobre (Reuters) - Le Parlement européen a 
dénoncé jeudi les atteintes à la liberté de la presse en Turquie 
et affirmé que la tentative de coup d'Etat du 15 juillet dernier 
ne devait pas servir de prétexte à un recul des droits 
démocratiques. 
    Les eurodéputés s'alarment de l'incarcération de 130 
journalistes et écrivains et de la fermeture de plus de 100 
médias après le coup d'Etat manqué, selon des chiffres de la 
Fédération européenne des journalistes. 
    "La tentative de coup d'État manquée ne saurait servir de 
prétexte au gouvernement turc pour continuer de bâillonner 
l'opposition légitime et pacifique, ni priver, par des actes et 
des mesures disproportionnés et illicites, les journalistes et 
les médias de l'exercice pacifique de leur liberté 
d'expression", affirment-ils dans une résolution adoptée à 
Strasbourg. 
    Le texte déplore également que "les dispositions de l'état 
d'urgence aient également été utilisées pour harceler des 
membres de la famille de journalistes qui ont fui à l'étranger 
ou se sont cachés, notamment à travers la confiscation de leurs 
passeports ou leur placement en détention provisoire à la place 
des accusés". 
    "La Turquie est devenue la plus grande prison de 
journalistes au monde", avait déclaré mercredi à Strasbourg Can 
Dündar, ancien rédacteur en chef du quotidien turc d'opposition 
Cumhuriyet, qui a fui son pays après avoir été condamné à cinq 
ans et dix mois de prison pour divulgation de secrets d'Etat. 
    Le passeport de son épouse, restée en Turquie, a été 
confisqué. 
    Nominé sur proposition des Verts pour le prix Sakharov mais 
non retenu in fine, Can Dündar a dénoncé la cécité de l'Union 
européenne face au recul de la démocratie en Turquie, une 
attitude qu'il attribue à l'accord sur les migrants qu'elle a 
scellé en mars 206 avec Ankara. 
    "(Le président turc) Erdogan continue de garder les migrants 
sur son territoire et à bénéficier du soutien de nombre de 
dirigeants de pays européens. Pour nous, c'est décevant. Ils ont 
renoncé à défendre leurs valeurs au nom de leurs intérêts plus 
ou moins bien compris", a-t-il dit regretté lors d'une 
conférence de presse. 
    Intervenant mercredi soir dans l'hémicycle de Strasbourg, 
lors d'un débat sur la situation de la presse en Turquie, la 
commissaire européenne à la politique régionale, Corina Cretu, a 
évoqué une "situation inacceptable". 
    "Il est plus critique que jamais de maintenir le dialogue 
avec la Turquie", a-t-elle ajouté. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • odnaz il y a 5 mois

    De quoi je m'occupe ! Ils feraient mieux de s'occuper de l'état de l'UE, et même en europe de s'arrêter de s'occuper de tout et de réduire nos libertés. C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité.