UE-Strasbourg donne son feu vert à la Commission Juncker

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* Juncker reste flou sur son programme d'investissement * L'architecture de sa Commission a suscité des doutes * La Commission européenne entrera en fonction le 1er novembre (Actualisé avec déclarations, précisions) par Gilbert Reilhac STRASBOURG, 22 octobre (Reuters) - La Commission européenne présidée par l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a obtenu mercredi le feu vert du Parlement de Strasbourg grâce à une large coalition composée du centre-droit, du centre-gauche et des libéraux. Les eurodéputés ont approuvé par 423 voix contre 209 et 67 abstentions la composition du nouveau collège qui entrera en fonction le 1er novembre. Le PPE (centre-droit), dont est issu Jean-Claude Juncker, le groupe des socialistes et démocrates ainsi que du celui des libéraux et démocrates avaient annoncé un vote favorable après avoir auditionné les 27 commissaires. L'ancien président de l'Eurogroupe, désigné par les Etats au sein de la formation arrivée en tête des élections européennes de mai dernier, avait été élu par les eurodéputés par 422 voix contre 250 le 15 juillet. Une quarantaine de socialistes, parmi lesquels les délégations espagnole et suédoise ainsi que quatre Français sur treize, avaient annoncé qu'ils voteraient contre le nouveau collège ou s'abstiendraient. Les eurosceptiques, tout comme la gauche communiste et une majorité d'écologistes, pour des raisons différentes, ont fait de même. Les conservateurs britanniques, qui ont obtenu la nomination d'un des leurs, Jonathan Hill, au poste stratégique pour Londres des Services financiers, s'en sont eux-mêmes tenus à une abstention bienveillante manifestée par le "bon vent" lancé à Jean-Claude Juncker par leur leader Syed Kamall. FLOU SUR LE PROGRAMME D'INVESTISSEMENT Le nouveau président de la Commission, qui sera épaulé à la présidence par un premier vice-président social-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans, s'était employé, avant le vote, à répondre à une partie des réserves exprimées par les eurodéputés, notamment libéraux et sociaux-démocrates. Il a confirmé que le commissaire hongrois Tibor Navracsics, dont le parti la Fidesz du Premier ministre Viktor Orban, membre du PPE, est accusé de dérives autoritaires et populistes, ne gèrerait pas le dossier de la Citoyenneté. Ce portefeuille sera confié au conservateur grec Dimitris Avramapoulos, déjà chargé des Migrations et des Affaires intérieures tandis que Tibor Navracsics obtiendra en compensation les Sports, en sus de la Culture et de l'Education. Jean-Claude Juncker s'est également engagé à ce que le futur Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), en cours de négociation entre Bruxelles et Washington, exclue toute instance d'arbitrage supranationale, contrairement à ce que veulent les Américains. "Je n'accepterai pas que les tribunaux dans les Etats membres de l'Union européenne soient limités par des litiges spéciaux entre des investisseurs et les Etats", a-t-il dit, répondant ainsi à la gauche et à l'Allemagne. Jean-Claude Juncker est en revanche resté flou sur le plan d'investissement de 300 milliards d'euros sur trois ans dont une partie des eurodéputés craignent que les fonds procèdent essentiellement d'un recyclage de programmes existants. "Ce programme d'investissement ne peut pas être financé par un endettement supplémentaire", a-t-il indiqué, précisant miser sur "l'utilisation intelligente de crédits publics" pour que l'investissement privé soit stimulé. "Nous allons vous le présenter avant Noël parce qu'il y a urgence." Celui qui a dirigé durant 18 ans le gouvernement du Luxembourg est aussi revenu sur les "doutes" exprimés quant à la nouvelle architecture de la Commission au sein de laquelle cinq vice-présidents superviseront les activités de leurs collègues. "Soit vous voulez 28 commissaires travaillant chacun dans leur coin, se vautrant dans l'esprit de clocher, ou des commissaires évoluant sous l'égide amicale de vice-présidents qui coordonneront leurs travaux", a lancé Jean-Claude Juncker. "Le grand perdant, c'est moi", a-t-il ironisé en évoquant les prérogatives qu'il a lui-même déléguées à ses vice-présidents. "Mais évidemment, celui qui délègue ses prérogatives peut les reprendre." (Edité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mercredi 22 oct 2014 à 18:22

    Les hyènes ne se mangent pas entre elles...le caviar dont elles s'empiffrent au détriment des peuples, est trop bon, et la seule façon de s’en sortir, est un copié/collé de 1789…La Veuve Guillotin piaffe d’impatience et il nous faudra des océans de s/ang de tous ces mécréants, pour rétablir une vraie justice sociale !!!...