UE-Sanctions contre Moscou prorogées de 6 mois avec l'aval d'Athènes

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* Les sanctions existantes prorogées de 6 mois, la liste pourra être élargie * Pas de décision sur un durcissement des sanctions économiques contre la Russie * La Grèce signe la déclaration pointant du doigt Moscou * Les combats font rage autour d'une ville encerclée, Debaltseve par Robin Emmott et Pavel Polityuk BRUXELLES/KIEV, 29 janvier (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont prorogé de six mois, jusqu'en septembre, les sanctions déjà en vigueur contre des personnalités russes et ukrainiennes, mais ils ne se sont pas allés jusqu'à envisager un durcissement des sanctions économiques contre la Russie. Ils ont également décidé d'élargir la liste des personnalités déjà touchées par une interdiction de visas et un gel des avoirs du fait de leur implication dans le conflit séparatiste d'Ukraine. Leur inscription à la liste pourrait être décidée lorsque les ministres se réuniront de nouveau, le 9 février. Ces mesures ont été soutenues par le nouveau gouvernement grec, dominé par la gauche radicale de Syriza, et dont la position paraissait incertaine jusqu'alors. Les ministres ont renoncé en revanche à la formule "nouvelles mesures restrictives" qui était apparue sur un projet de déclaration rédigé avant la réunion et concernait de nouvelles sanctions économiques contre Moscou. Une décision sur ce point reviendra donc aux chefs d'Etat et de gouvernement qui se réuniront en sommet le 12 février à Bruxelles, a déclaré la porte-parole de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, lors d'une conférence de presse. Cette décision dépendra de la situation sur le terrain, toute nouvelle offensive des séparatistes appelant un durcissement des sanctions, a déclaré l'Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit se sont réunis en urgence jeudi étant donné l'intensification des combats ces derniers jours entre l'armée gouvernementale et les rebelles séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Samedi, les séparatistes ont pilonné la grande ville portuaire de Marioupol, tuant 30 personnes. Depuis lors, d'intenses combats ont eu lieu le long des lignes de front, même si les insurgés se sont abstenus de donner l'assaut à Marioupol. Les jours précédant la réunion des ministres des Vingt-Huit ont été dominés par la Grèce, dont le nouveau Premier ministre, Alexis Tsipras, a été investi dans ses fonctions lundi et s'est plaint que son gouvernement n'ait pas été consulté sur la question d'un durcissement des sanctions. COMBATS DANS LA REGION DE DEBALTSEVE Lors de la réunion, les ministres des Affaires étrangères ont indiqué que leur collègue grec, Nikos Kotzias, avait rapidement balayé l'idée qu'Athènes torpillerait automatiquement toute démarche sur les sanctions. Selon Paolo Gentiloni, le ministre italien des Affaires étrangères, Kotzias a dit à la réunion: "Je ne suis pas un fantoche des Russes". Et il a ajouté sa signature au bas d'une déclaration musclée déclarant que la Russie est responsable des violences dans l'est de l'Ukraine et lui demandant de cesser tout soutien aux séparatistes. Le nouveau gouvernement grec dominé par le parti de gauche radicale Syriza avait entretenu le doute sur son accord à de nouvelles sanctions de l'UE contre la Russie, sanctions qui doivent être approuvées à l'unanimité des Etats membres. "Nous ne sommes pas hostiles à toute forme de sanction", a dit Kotzias jeudi. "Nous faisons partie du groupe, nous ne sommes pas le vilain petit canard". Avant l'ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, n'avait pas caché son irritation face à l'ambiguïté de la position grecque. "Ce n'est un secret pour personne que la nouvelle position du gouvernement grec ne facilite pas les discussions d'aujourd'hui", avait-il dit. Mais après avoir vu son homologue grec, il s'est dit moins inquiet. "S'il y a de grandes offensives, par exemple des attaques généralisées contre Marioupol, il faudra qu'il y ait de notre part une réaction claire", a-t-il dit d'autre part aux journalistes. Sur le terrain, dans l'est de l'Ukraine, des combats ont été signalés dans le secteur de Debaltseve, ville de 26.000 habitants située sur un axe routier et une ligne ferroviaire reliant les deux grands bastions séparatistes. La ville est tenue par l'armée gouvernementale ukrainienne mais encerclée sur trois flancs par les rebelles. Elle est privée d'eau courante et d'électricité et la population se terre dans les caves. (Adrian Croft et Robin Emmott; Eric Faye, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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  • grinchu1 le jeudi 29 jan 2015 à 23:38

    elle est propre l' Europe !!!