UE-Pas de visas bradés pour la Turquie, assure Juncker

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 (Actualisé avec déclarations Davutoglu) 
    STRASBOURG, 19 avril (Reuters) - L'Union européenne tiendra 
ses engagements vis-à-vis de la Turquie mais ne supprimera les 
visas pour les ressortissants turcs que si elle respecte les 
critères définis pour tous les pays tiers, a déclaré mardi 
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. 
    Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, 
avait prévenu la veille qu'Ankara reviendrait sur ses 
engagements conclus en mars avec l'Union européenne pour régler 
la crise des migrants si les contreparties de l'accord, dont la 
suppression des visas, n'étaient pas respectées. 
    L'accord prévoyait également la relance des négociations 
d'adhésion à l'Union européenne. 
    "La libéralisation des visas est une question de critères. 
Les critères ne seront pas dilués, affaiblis dans le cas de la 
Turquie", a dit Jean-Claude Juncker devant l'Assemblée 
parlementaire du Conseil de l'Europe. 
    "La Turquie devra satisfaire à toutes les autres conditions 
avant que la proposition puisse être adoptée par la Commission 
dans les mois à venir", a-t-il ajouté. 
    Le président de la Commission, qui devait s'entretenir 
ensuite avec Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, également 
présent au Conseil de l'Europe, s'est toutefois déclaré 
favorable à une solution sur ce sujet. 
    "Nous sommes d'avis que les nations se comprennent mieux dès 
lors que les hommes et les femmes se connaissent mieux. Mais il 
ne s'agit pas pour autant de remettre en question les valeurs 
européennes", a-t-il précisé. 
    Intervenant à son tour devant l'Assemblée parlementaire, 
Ahmet Davutoglu a souligné l'importance de l'accord avec l'UE 
sans revenir spécifiquement sur la question des visas. 
    "La Turquie a rempli tous ses engagements dans cet accord. 
Toutes ses dispositions ont été mise en œuvre", a-t-il assuré, 
précisant que le nombre de passages de migrants de Turquie vers 
la Grèce (était) tombé à "soixante, voire aucun individu par 
jour". 
    "Il n'y a pas de problème", a-t-il encore dit tout en 
ajoutant que « la Turquie pourrait parler de difficultés car les 
trois milliards d'euros prévus pour les réfugiés syriens 
arrivant en Turquie ne sont toujours pas entre nos mains". 
    Quant au processus de négociation d'adhésion à l'Union 
européenne, ouvert en 2005, le chef du gouvernement 
islamo-conservateur a affirmé qu'il était « le moteur de notre 
relation" avec l'UE. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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