UE-Paris et Berlin veulent des progrès rapides sur la défense

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    * Le sujet sera abordé jeudi par le Conseil européen 
    * Hollande et Merkel poussent cinq initiatives 
    * Espèrent des décisions "au plus tard" fin juin 
 
    par Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - La France et l'Allemagne, 
épaulées par plusieurs partenaires européens, veulent que le 
Conseil européen de jeudi programme des avancées rapides dans le 
domaine de la défense, avec comme horizon le mois de juin 
prochain. 
    François Hollande et Angela Merkel proposeront à leurs 
homologues d'acter cinq initiatives : créer un dispositif 
permanent de planification et de conduite d'opérations, 
s'engager à augmenter les budgets nationaux de défense, 
instaurer une revue annuelle des investissements, mettre sur 
pied des financements communs et entériner un soutien à des pays 
africains, a précisé une source diplomatique française. 
    Paris et Berlin souhaitent que le Conseil européen confie un 
mandat sur chacun de ces points à la Haute Représentante pour la 
politique extérieure et de sécurité, Federica Mogherini, sur la 
capacité permanente par exemple, avec un rapport au Conseil 
européen de mars et des décisions fin juin "au plus tard". 
    La France et l'Allemagne demandent parallèlement, pour la 
fin 2017, le renforcement du mécanisme Athena de financement 
solidaire de certaines dépenses liées aux opérations militaires 
ou civiles pour qu'il en couvre davantage. 
    Des réserves pourront être intégrées dans les conclusions du 
Conseil pour des pays neutres qui ne souhaiteraient pas 
s'engager sur tel ou tel point, comme l'Irlande, Malte ou 
l'Autriche, ou pour le Royaume-Uni, dont les citoyens ont voté 
pour la sortie de l'Union européenne et qui a toujours été 
réticent vis-à-vis de la défense européenne, a-t-on précisé. 
    Face notamment aux craintes des Polonais, Paris et Berlin 
assurent dans le même temps que ces développements sont 
complémentaires à l'action de l'Otan et non dirigés contre 
l'alliance. 
     
    VERS L'AUTONOMIE STRATÉGIQUE ?   
    Après le conflit en Ukraine, les guerres au Moyen Orient, 
les attentats en Europe et le choc du référendum britannique de 
juin, les Européens ont décidé en septembre à Bratislava 
d'accroître leur coopération militaire. 
    Une volonté renforcée par les déclarations du président élu 
américain, Donald Trump, qui a jugé que l'Otan coûtait trop cher 
aux Etats-Unis et a proposé de faire contribuer davantage les 
Européens, faute de quoi ils devraient se débrouiller seuls. 
    La création d'une capacité permanente de planification et de 
conduite d'opérations, militaires et civiles, avec des chaînes 
de commandement distinctes mais coordonnées, vise à corriger la 
lenteur du système actuel, par lequel les Européens doivent 
créer, pour chaque opération, un dispositif ad hoc. 
    Sur les budgets nationaux, il s'agit d'obtenir l'engagement 
des Européens qu'ils portent progressivement leurs dépenses à 2% 
du produit intérieur brut de leur pays, dont 20% en équipements, 
un objectif déjà fixé par l'Otan et que peu de pays atteignent. 
    La revue annuelle des investissements vise quant à elle à 
coordonner progressivement les programmations de dépenses de 
matériels pour davantage d'efficacité et une meilleure 
interopérabilité. 
    Quant aux instruments de financement, la Commission 
européenne a présenté un plan en trois volets : la création d'un 
programme de recherche militaire sur le budget européen, un 
fonds européen de financement des capacités de défense et 
l'extension du mandat de la Banque européenne d'investissement 
(BEI) pour financer certaines de ces activités. 
    Le budget consacré par l'Union européenne à sa défense 
représente un quart environ des dépenses militaires des 
Etats-Unis, selon les statistiques de l'UE.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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