UE-Moscovici sous une tutelle qui ne dit pas son nom

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* Moscovici aura deux vice-présidents au-dessus de lui * Juncker espère que la France "comprendra mieux" * Moscovici représentera la Commission à l'Eurogroupe PARIS, 10 septembre (Reuters) - Pierre Moscovici a été nommé mercredi commissaire aux Affaires économiques et financières, comme le souhaitait la France, mais a été placé sous la direction de deux vice-présidents et devra veiller à ne pas se montrer trop souple avec Paris. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances hérite du portefeuille que la France briguait et sera le représentant de l'exécutif européen à l'Eurogroupe, le forum de coordination des politiques économiques de la zone euro. Mais il devra aussi coopérer avec deux vice-présidents, le Finlandais Jyrki Katainen, chargé de l'Emploi, de la croissance, de l'investissement et de la compétitivité, et le Letton Valdis Dombrovskis, chargé de l'Euro et du dialogue social. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a assuré devant la presse à Bruxelles que les vice-présidents "de projets", comme il les a présentés à la presse, ne seraient pas des "superviseurs" mais des "animateurs", des "coordinateurs". Mais la façon dont il a expliqué les choix de personnalités suggère qu'ils surveilleront les autres commissaires. "Ces vice-présidents ont soit une invraisemblable expérience européenne (...), soit ont été Premiers ministres", a-t-il ainsi souligné. "Un Premier ministre, c'est quelqu'un qui organise, qui anime une équipe." Pierre Moscovici sera donc membre de deux équipes, mais n'en dirigera aucune et les vice-présidents auront accès directement à toutes les directions générales, donc à l'administration avec laquelle travaillera le commissaire français. Paris espérait un portefeuille de poids pour son candidat et l'a donc obtenu, d'autant qu'à l'économie et aux finances se sont ajoutées la fiscalité et les douanes. PLACE DE CHOIX Pour autant, Jean-Claude Juncker a rappelé qu'un commissaire ne représentait pas son pays et adressé ainsi un avertissement à ceux qui espéreraient une forme de mansuétude, le jour même où la France a repoussé à 2017 son objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB. ID:nL5N0RB1U3 "Il ne faudra pas mélanger politique nationale et politique européenne (...) Nous ne sommes plus les émanations des Etats membres", a dit l'ancien Premier ministre luxembourgeois. S'il s'est refusé à commenter les chiffres du déficit, il n'a pas caché que Pierre Moscovici, fidèle de François Hollande, pourrait être un relais utile s'il s'en tenait à son rôle de commissaire et ne se faisait pas le porte-parole de la France. "Il m'a semblé utile que ceux qui doivent connaître les problèmes de certains pays viennent de ces pays-là", a-t-il dit. "Je ne vais pas entrer dans le détail de la situation budgétaire française (...) mais monsieur Moscovici est bien placé pour contribuer à résoudre ce problème", a-t-il ajouté. "Peut-être nos amis français comprendront mieux le fond, la justification et la nécessité des politiques de consolidation et de croissance que nous devons mettre en place." Pierre Moscovici portera aussi la voix de la Commission au sein de l'Eurogroupe. Rien ne dit en revanche qu'il représentera la Commission dans d'autres instances - Fonds monétaire international, G20 Finances ou autres, même si Jean-Claude Juncker a assuré qu'il y aurait toute sa place. "Nous verrons les autres représentations que nous devrons organiser, elles dépendront largement des ordres du jour (...) mais monsieur Moscovici aura évidement une place de choix dans la distribution des représentations extérieures de la zone euro", a dit le président de la Commission. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • M4426670 le mercredi 10 sept 2014 à 16:20

    Quand quelqu'un n'est pas capable, on le met sous tutelle, avant la curatelle! Normal.

  • M4426670 le mercredi 10 sept 2014 à 16:19

    Heureusement qu'il est sous surveillance: les autres pays d'Europe n'ont aucune envie qu'il ré édite ses "exploits" en France!!!!

  • M3890093 le mercredi 10 sept 2014 à 16:02

    Cet incapable recasé dans un poste prestigieux, le voila bien le régime des partis, on recase les petits copains.

  • mlaure13 le mercredi 10 sept 2014 à 15:07

    La nomination de Mosco a longtemps buté sur les réticences de l'Allemagne qui voyait d'un mauvais œil l'idée de confier la surveillance budgétaire au représentant d'un pays coupable de multiples dérapages budgétaires???...UNE HONTE pour l'Europe et le monde entier...C'est un signal fort pour perdurer dans la gabegie...Comment l'Europe et notamment l'Allemagne ont elles pu cautionner une pareille ignominie ???...

  • M4145072 le mercredi 10 sept 2014 à 14:55

    Quant à Junker, qui espère que "peut-être (ses) amis français comprendront mieux le fond, la justification et la nécessité des politiques de consolidation et de croissance que nous devons mettre en place", qu'il sache que les citoyens ont déjà compris tout cela depuis longtemps et que seuls les politiques ne veulent rien entendre. Mais il est vrai que les premiers ne sont en rien ses amis, contrairement aux seconds qui sont comme lui...

  • M4145072 le mercredi 10 sept 2014 à 14:51

    Il est allé mendier un poste de sous-sous-commissaire et il est content. C'est dire comme il y avait urgence pour lui à se recaser hors de France...

  • cavalair le mercredi 10 sept 2014 à 14:42

    "Je ne vais pas entrer dans le détail de la situation budgétaire française (...) mais monsieur Moscovici est bien placé pour contribuer à résoudre ce problème",. Et comment ....c'est lui qui l'a cause ce probleme

  • 11881561 le mercredi 10 sept 2014 à 14:21

    CE qui compte pour lui ,c est que la gamelle continue d être bonne !

  • janaliz le mercredi 10 sept 2014 à 14:20

    Une sorte de sinécuratelle en somme !