UE-Migrations-Orban juge le projet de la Commission "absurde"

le , mis à jour à 20:03
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STRASBOURG, 19 mai (Reuters) - Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, mis en accusation mardi devant le Parlement européen pour ses propos sur l'immigration et la peine de mort, a défendu sa liberté d'expression et qualifié d'"absurde" le projet de Bruxelles relatif aux migrations. La Commission européenne a présenté mercredi dernier un plan d'action pour répondre aux flux de migrants et de demandeurs d'asile qui traversent la Méditerranée, et proposé que ceux-ci soient accueillis dans les Etats membres de l'Union européenne selon un système de quotas. Plusieurs gouvernements, dont celui de la France, se sont dits opposés à un tel mécanisme. (voir ID:nL5N0Y70NO et ID:nL5N0Y949D ) "La proposition de la Commission est absurde, à la limite même de la folie", a pour sa part déclaré Viktor Orban en estimant que les quotas ne feraient "qu'amener davantage de personnes en Europe." "Nous sommes un gouvernement chrétien et les véritables demandeurs d'asile sont les bienvenus", a-t-il ajouté, disant en revanche refuser d'accueillir "les immigrés économiques qui veulent seulement une vie meilleure". La Commission européenne a critiqué le caractère tendancieux du questionnaire sur l'immigration lancé par le gouvernement hongrois auprès de la population. "On parle d'immigrés comme étant une menace à l'emploi, on parle du terrorisme, cela ne fera que renforcer les préjugés", a accusé Frans Timmermans, premier vice-président de l'exécutif européen. Egalement critiqué pour ses propos récents en faveur du rétablissement de la peine de mort, le Premier ministre hongrois a revendiqué son droit à la "liberté d'expression", affirmant qu'aucune règle européenne n'était "inscrite dans le marbre". "Il s'agit de règles créées par l'homme et pas par Dieu", a-t-il ajouté, s'attirant une réplique immédiate du président du Parlement, Martin Schulz. "Il n'y a certainement aucun commandement divin dans les traités européens mais il y a un commandement, 'Tu ne tueras point'", a affirmé le social-démocrate allemand. L'adhésion au Conseil de l'Europe et à l'Union européenne impose aux Etats membres le respect de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Charte des droits fondamentaux qui prohibent l'une et l'autre la peine capitale. Franz Timmermans a en outre prévenu que tout pays tenté de rétablir la peine de mort s'exposerait aux sanctions prévues à l'article 7 du traité européen. Ce dernier précise qu'en cas de "violation grave" des valeurs européennes, le pays concerné peut perdre certains droits au sein du bloc communautaire. (Gilbert Reilhac, édité par Gregory Blachier)

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